Marguerite Duras, nouvelle biographie à l’usage des jeunes générations


Les Editions Folio publient une biographie de l'écrivain. Une biographie qui se lit vite, certes, mais qui nous rappelle pourquoi et comment la fascination pour Marguerite Duras, si profondément engagée dans son temps, reste intacte.
Sommaire
Plusieurs générations ont gardé une fascination intacte pour cette femme, ce grand écrivain, qui fut tellement raccord avec son siècle, de l’enfance rebelle en Indochine à l’isolement des dernières années dans sa maison de Neauphle-le-Château. Tant de gens, et si différents, ont au moins un ou deux livres d’elle chez eux – et pas les mêmes. Bien sûr, elle fut l’exploratrice par excellence du désir féminin, mais aussi celui de toutes les révoltes. Ses œuvres complètes ont été éditées en deux volumes en Pléiades. Publiant à 70 ans, l’Amant mais aussi entrant dans la Résistance en 1944, au Parti communiste en 1946 et collaborant avec Dim Dam Dom en 1965 – toujours en phase avec le réel et toujours de façon critique, donnant tout, présente, ayant le courage de l’œuvre, ne renonçant jamais.
Folio biographie, c’est une collection de petits ouvrages sympathiques qui, bien sûr, paraissent un peu courts, à la fois en volume et en propos, mais ceci est compensé par leur accessibilité, leur lisibilité et leur prix. C’est modeste, il ne faut pas trop en attendre et cela a l’avantage de ses défauts: ça se lit vite, on lève la tête, on rêve, on réfléchit, on se souvient… La plupart des auteurs essentiels y figurent, dont Marguerite Duras donc, dernière biographie en date à être parue dans la collection.
L’enfance en Indochine
Il y a tout d’abord un père absent, un manque, jusqu’au vertige le plus profond. Et puis ce que racontera Un barrage contre le Pacifique en 1950, le vice, le désir, la vénalité, la mère comme le frère poussant l’adolescente dans les bras de M. Jo en échange de nombreuses faveurs qu’il se voit contraint d’accorder à la famille. Il est laid mais à un gros diamant au doigt et possède une belle voiture. Le récit marche sur un fil entre passé et fantasmes récurrents. Le nain veut la voir nue, elle négocie, elle veut un phonographe neuf. On a de suite cette marque de fabrique: une ambiguïté qui s’insinue entre sentiment, intérêt et désir.



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