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Le gourdin du prince Marko, ou comment se moquer des mythes

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 21 août 2026 · 15 min de lecture

Le gourdin du prince Marko, ou comment se moquer des mythes
© DR

Chic, le nouveau livre d’Ante Tomić va arriver en librairie, traitant les mythes fondateurs comme ils le méritent: irrévérencieusement. De son côté, l’auteur suisse Daniel de Roulet raconte l’histoire de trois garçons de gauche, tandis que la linguiste Julie Neveu plaide pour une langue vivante.

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Ce pourrait être le titre d’un film X des années 1970. Ou alors une étiquette sous une vitrine, dans un musée balkanique. Ce pourrait être le titre d’un conte. Le gourdin du prince Marko, qui paraît le 27 août aux Editions Noir sur Blanc, n’est pas un film porno, ni une pièce de musée. Il a plutôt des allures de conte. Et comme c’est Ante Tomić qui l’a écrit, c’est un conte tout à la fois facétieux et cultivé. De l’auteur croate, on connait déjà La combe aux Aspics, Qu’est-ce qu’un homme sans moustache et Les enfants de Sainte Marguerite. Le lecteur de 2026 se dit que ceux de 2126 ont de la chance, ils pourront sans doute trouver en librairie les œuvres complètes de l’écrivain et les lire au coin du feu, fût-il apocalyptique.

Dire d’Ante Tomić qu’il écrit des contes est réducteur, mais cela permet de faire comprendre l’émerveillement que l’on ressent à la lecture de ses récits. Voilà un auteur qui donne l’impression de ne pas se prendre au sérieux et qui offre avec une grande générosité à ses lecteurs des occasions de sourire d’eux-mêmes et de leurs certitudes, de sourire à la vie. Ce n’est pas courant.

«Marko Mrnjavčević (1335-1395), connu comme le prince Marko, était un roi serbe vassal de l’empire ottoman. Héros légendaire de la poésie épique des Slaves du Sud symbolisant la résistance contre l’envahisseur, il a notamment été chanté par Marguerite Yourcenar dans ses Nouvelles orientales», prévient l’éditeur. A partir de là, Ante Tomić s’empare du mythe fondateur et le malaxe à sa manière, le passe à la moulinette de son esprit joueur, en fait ce qu’il faudrait faire de toutes les légendes nationalistes: ne pas les prendre au sérieux, les faire descendre de leur piédestal et s’en amuser, les vider de leur venin.   

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