Quand la religion et le messianisme dictent la géopolitique


De Washington à Jérusalem, de Téhéran à Moscou, les dirigeants invoquent Dieu pour légitimer leurs choix stratégiques et leurs guerres. L’eschatologie, jadis reléguée aux textes sacrés ou aux marges du mysticisme, s’impose aujourd’hui comme une clé de lecture du pouvoir mondial. Le messianisme politique n’est plus une survivance du passé: il façonne les représentations de la puissance. Décryptage.
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Pourquoi les Etats-Unis soutiennent-ils Israël avec une détermination et une ferveur défiant toute logique politique? Pourquoi, depuis maintenant près de 70 ans, chaque nouveau président américain, qu’il soit démocrate ou républicain, déclare vouloir défendre Israël à n’importe quel prix, même lorsque les agissements de ce dernier indignent tout le reste de l’humanité?
Certains évoquent inlassablement l’influence de l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) ou des lobbys du complexe militaro-industriel sur la politique étrangère américaine. D’autres rappellent, avec justesse, tout le poids d’un imaginaire américain intimement lié à l’histoire et aux fondations mêmes du récit biblique. Un récit où la genèse des Etats-Unis et la conquête du Nouveau Continent par les Pères fondateurs traversant l’Atlantique résonnent comme une transposition du passage de Moïse à travers la mer Rouge, guidant le peuple d’Israël vers la Terre promise, le pays de Canaan.
Pour des millions d’évangéliques américains, Israël n’est pas un pays comme les autres, c’est une terre à part, celle où le Messie doit faire son retour et où les ultimes prophéties doivent se réaliser. Cette réapparition du Christ s’accompagne de signes annonciateurs et la création de l’Etat d’Israël en est l’une des expressions les plus évidentes à leurs yeux. Pour les mouvements issus de ces obédiences, aider Israël, c’est hâter le retour du fils de Marie.




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