Réservé aux abonnés

L’enfance célébrée

Loris Salvatore Musumeci

Par Loris Salvatore Musumeci · Publié le 21 juin 2024 · 7 min de lecture

L’enfance célébrée
"Les gamins qui se baignent à l'ancien Crêt", Albert Anker.

Si la Fondation Gianadda nous a habitués depuis plus de quarante ans à des expositions magnifiques, celle-ci est exceptionnelle. «Anker et l’enfance» met en scène les œuvres majeures du peintre suisse à travers un hymne aux enfants. Bel hommage à Léonard Gianadda, décédé en fin d’année dernière, qui a préservé l’enthousiasme de la jeunesse sa vie durant. Derniers jours d’une exposition qu’il faut se presser d’aller voir pour se laisser toucher par ces petites bouilles tendres et adorables.

Sommaire

Les expositions chez Gianadda ont connu de plus grands noms que celui d’Anker: Chagall, Van Gogh, Picasso, Monet, j’en passe et des meilleurs. Dès le 12 juillet prochain, ce seront encore les immenses Cézanne et Renoir qui feront briller les murs du musée. Quel que soit le nom de l’artiste, il est pourtant des expositions dont les œuvres vous atteignent d’une façon particulière. Ce fut bien le cas pour moi avec les tableaux d’Albert Anker dont je connaissais à peine le nom.

«Anker et l’enfance»

L’exposition s’articule en huit parties, dont les trois dernières sont les plus puissantes au niveau émotionnel. «Les enfants de la crèche», «Frères et sœurs» et «Jouer et apprendre» mènent à son paroxysme le parcours proposé en ce moment à la Fondation. Il n’en demeure pas moins que chacune des parties garde son intérêt propre et compte son lot de véritables chefs-d’œuvre.

Qu’est-ce qui rend alors cette exposition si forte et élève sa valeur? C’est bien évidemment son thème: l’enfance. Cette enfance qui était aux yeux d’Albert Anker (1831-1910), peintre tardif après un parcours de théologie, originaire d’Anet puis monté à Paris, son sujet préféré. Celui-ci écrivait en effet: «J’ai toujours eu sous les yeux une foule de petits modèles. Leur présence me réjouit et me divertit. Toute ma vie je n’aimerais pas non plus être obligé de recourir à d’autres modèles, sauf quelques vieillards  qui me racontent des histoires du temps jadis…»

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Franz Gertsch: la vérité au format monumental

CultureArticle

Franz Gertsch: la vérité au format monumental

A Berne, deux toiles suffisent à mesurer un géant: «Maria mit Kindern» et «Medici», quatre mètres sur six chacune, ouvrent la rétrospective que le Kunstmuseum consacre à Franz Gertsch (1930-2022), père du photoréalisme européen. Jusqu'au 17 janvier 2027, «Blow-Up» retrace soixante ans d'une œuvre obsessionnelle où la photographie garantit le réel, mais où seule la peinture, lente et frontale, prétend dire vrai.

Sid Ahmed Hammouche

Ces vignes qui disparaissent

CultureArticle

Ces vignes qui disparaissent

Info-bagatelle? Peut-être, mais elle fait gamberger quiconque aime les saveurs du vin. La société issue de la coopérative viticole de Lutry, fondée en 1906, Terres de Lavaux, ferme ses portes. De nombreux vignerons de la région arrachent leurs vignes, ne trouvant pas de repreneurs. Et, comme partout, leurs bouteilles se vendent mal. Le paysage géographique et gustatif est en train de changer.

Jacques Pilet