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Le Sud s’organise à bas bruit

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 18 août 2023 · 3 min de lecture

Le Sud s’organise à bas bruit
Au sommet des BRICS 2018 à Johannesburg, de gauche à droite, Xi Jinping, Narendra Modi, le président sud-africain Cyril Ramphosa, l'ancien président du Brésil Michel Temer, et Vladimir Poutine. - © Kremlin.ru - source officielle

Dans la foultitude de sommets de toutes sortes qui jalonnent la vie internationale et se suivent à un rythme d’enfer, il en est quelques-uns qui devraient retenir notre attention. A commencer par la réunion des BRICS qui se tiendra à la fin du mois en Afrique du Sud. Elle sera importante autant par les décisions qui y seront prises que par celles qui ne seront pas prises, notamment en ce qui concerne un éventuel élargissement (30 pays candidats!) et le système financier (nouvelle monnaie de compte et de crédit).

Mais il y a fort à parier que, comme à leur habitude, la plupart de nos médias se contenteront d’une couverture superficielle et dépréciative, avec force remarques anecdotiques sur la «défaite» de Poutine, qui y participera seulement par vidéo.

Ils auront tort, une fois de plus. Parce que ce sommet, loin d’être un phénomène isolé, est l’arbre qui cache une forêt dense d’initiatives sud-sud qui nous échappent complètement. Leur multiplication indique que le Nord ne fixe plus ni l’agenda ni le format des rencontres internationales. Les deux gifles que vient de recevoir Emmanuel Macron, qui aurait bien aimé être invité à Johannesburg et au récent sommet des pays amazoniens (qui s’est tenu à Belem début août en l’absence de la France pourtant concernée au premier chef avec la Guyane), sont très significatives à cet égard. Tout comme son éviction surprise du Niger et des négociations qui s’en sont suivies entre la CEDEAO et la junte militaire qui a pris le pouvoir à Niamey.

Une autre rencontre importante aura lieu mi-octobre à Pékin. Il s’agit du 3ème Forum de l’initiative chinoise des Nouvelles Routes de la Soie. 150 pays sont attendus, à l’exclusion des pays occidentaux qui répugnent à y participer par servilité à l’égard des Etats-Unis, lesquels battent le rappel contre la Chine. L’Italie, seul membre du G7 à avoir rejoint l’Initiative, vient d’annoncer son retrait. Après trois ans d’absence pour raison de Covid, la Chine entend revenir sur le devant de la scène internationale par la grande porte. Ce sera intéressant de savoir qui sera présent et à quel niveau, surtout si l’Occident boycotte la manifestation. Chacun va pouvoir compter ses amis.

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