Quand une situation banale dégénère, ça fait un thriller

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 22 juillet 2022 · 1 min de lecture

Quand une situation banale dégénère, ça fait un thriller

«Léonie», Marlène Charine, Editions Calman Lévy Noir, 414 pages.

Une jeune femme vit séquestrée depuis près de six ans. Un matin, son kidnappeur meurt d’une crise cardiaque. La voilà libre, sauf qu’il est compliqué pour elle de sortir de la maison, de revenir dans la normalité. Cela pourrait suffire à faire un récit sur le thème de la liberté, de l’enfermement, de nos vies captives d’une consommation névrotique. Sauf que la Lausannoise de naissance Marlène Charine est une autrice de thriller et qu’il lui faut un peu plus qu’une réflexion existentialistico-marxiste, qu’il lui faut plus d’actions. Et des personnages moins raisonneurs et plus tourmentés. Mis à part celui du kidnappeur, il y aura donc d’autres cadavres dans Léonie. D’autres vies cabossées que celle de la kidnappée. Il y a notamment un policier très handicapé suite à un accident, et sa sœur qui s’occupe mieux de lui que d’elle. Il y a une enquête, du suspens. Tout ça débute par une situation banale: une jeune femme qui sort en boîte, puis qui rentre chez elle sans que personne ne la raccompagne; son petit ami n’est pas là, sa meilleure amie la laisse partir, et ça dégénère. Je ne vous souhaite sincèrement pas de vous retrouver sur une plage cet été, mais si cela devait malgré tout être le cas, Léonie est une bonne option de lecture.   

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Le créateur romand qui brille en Allemagne

CultureArticle

Le créateur romand qui brille en Allemagne

Julien Chavaz, 44 ans, qui a étudié le théâtre à Lausanne et Genève, traîné ses guêtres sur plusieurs scènes européennes, est couvert de prix pour ses multiples activités créatrices. Il est aujourd’hui superintendant du Théâtre-Opéra de Magdeburg, en Sachsen-Anhalt. Au cœur de la bataille politico-culturelle qui s’annonce.

Jacques Pilet

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

CultureArticle

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

Pour contrer les Soviétiques durant la guerre froide, les Etats-Unis menèrent une véritable offensive culturelle qui se poursuit de nos jours. Elle se déploya tous azimuts afin d’ancrer dans les mentalités européennes la supériorité de l’Amérique. Il existe un livre de référence à ce sujet, publié en 1999: «Qui menait la danse? La CIA et la guerre froide culturelle». Son autrice, la Britannique Frances Stonor Saunders, est décédée le 31 août à l’âge de 60 ans. L’occasion d’un hommage.

Martin Bernard