
Les fêlures du réel
L'écrivaine parisienne Marie Céhère propose une analyse du style romanesque en quatre étapes et quatre questions.

L'écrivaine parisienne Marie Céhère propose une analyse du style romanesque en quatre étapes et quatre questions.

On sait, ou on croit savoir, que la bataille politique a un nouveau terrain décisif: l’espace digital. La maîtrise des algorithmes permet de cibler les sympathisants d’une cause, d’attirer les hésitants et de discréditer les opposants. Ce qui est moins connu, c’est le rôle de quelques surdoués de la politique et de l’informatique qui ont réussi à faire du tumulte chaotique une voie vers le pouvoir. Aux Etats-Unis, en Italie, en Hongrie notamment. Un livre impressionnant de l’Italien Giuliano da Empoli, chercheur, ex-conseiller de Mateo Renzi, «Les ingénieurs du chaos» aide à comprendre ce qu'il nous arrive.

L'écrivaine parisienne Marie Céhère propose une analyse du style romanesque en quatre étapes et quatre questions.

La romancière et nouvelliste Annik Mahaim propose, avec son recueil intitulé «Pas de souci», un florilège de destins individuels comme autant d’illustrations à peine exagérées d’un monde (du travail, mais pas seulement) où l’absurde règne en maître. À quel point sommes-nous prêts à nous écarter de nous-mêmes pour briller en société? questionne-t-elle à travers la nouvelle qui a pour titre «Le syndrome de Lies».

En 1972, Jean-Patrick Manchette publiait «Nada», un roman policier exposant une critique du terrorisme. Aujourd’hui, son récit est adapté en bande-dessinée, dans la collection Air Libre des Editions Dupuis, par Cabanes (dessins) et Doug Headline. Une nouvelle occasion de constater que les romans policiers de Manchette ont une formidable dimension politique.

Ce n’est pas n’importe quel homme qui publie huit tomes aux Editions Slatkine. Tour à tour journaliste et éditeur, Bertil Galland est avant tout un amoureux des mots. La Suisse romande, il l’a vécue. Il en fut à la fois l’acteur et le spectateur. Dans «Destins d’ici», son dernier tome, Bertil Galland livre le portrait de personnalités romandes de premier plan. Certaines furent ses amis, d’autres de simples connaissances. Toutes nous aident à comprendre le destin de notre petit coin de pays.

A la fin des années 50, dans une capitale romande commençant à vibrionner de plus en plus sur son flanc culturel, le franco-suédois né à Lausanne Nils Andersson va lancer l'aventure de La Cité Editeur, une maison d'édition permettant l'accès pour les Romands à des livres politiques ou de littérature majeurs pour leur temps. L'homme et son entreprise connaîtront une ascension telle qu'ils vont finir par déranger les pouvoirs suisse et français. Andersson sera expulsé en 1967 de son pays de naissance. Entretien avec cet exilé qui se «refera» en Belgique, en Albanie, en Suède puis en France sans avoir jamais rien regretté de ses choix d'éditeur militant très à gauche.

En vue du vote sur l’initiative UDC contre les prétendus «juges étrangers», la «Wochenzeitung» a publié un petit livre fort bien fait mais attention, en allemand (1). On y raconte, sous la forme de rencontres avec les intéressés, quelques cas où des plaintes suisses ont abouti devant la cour de Strasbourg. A noter que c’est plutôt rare. 98% des dossiers sont d’emblée rejetés. De 1974 à 2016, 130 affaires ont été traitées, une quarantaine ont débouché sur une demande de modification des pratiques helvétiques et des dédommagements aux plaignants. Car cette autorité reconnue par la Suisse est en fait le dernier recours du citoyen face à l’Etat et à ses tribunaux.

La tragédie de l’OTS, l’Ordre du Temple Solaire, dans laquelle 74 personnes trouvèrent la mort entre 1994 et 1997 au Canada, en Suisse et en France, a suscité quantité de livres et toutes sortes d’interprétations.

Projet prométhéen de l’époque stalinienne, mené à mains nues ou presque, dans les conditions extrêmes de l’Arctique, Norilsk est une ancienne cité du Goulag, bâtie à côté de mines de métaux précieux. Un livre retrace son histoire.

Pour la première fois, une histoire du polar américain est écrite. On y découvre comment ce genre parfois mal considéré et souvent sous-évalué met en scène des enjeux qui vont bien au-delà des intrigues policières. Comment il incarna l’honneur et la révolte au siècle passé sur le continent nord-américain.