
Journal sans date d’une quarantaine…
La chronique des jours qui suivirent se déroula comme hors du temps... (Dédicace pour ma bonne amie, et celles et ceux que nous aimons).
JL K 18 avril 2020 12 min de lecture

La chronique des jours qui suivirent se déroula comme hors du temps... (Dédicace pour ma bonne amie, et celles et ceux que nous aimons).
JL K 18 avril 2020 12 min de lecture
PhilosophieArticleLibre
Où la 100e chronique de JL K s’allongea quelque peu, comme hors du temps, pour consigner les premiers jours d’une quarantaine imposée…

Sous le titre explicite d’Amiel & Co, la revue de Gilbert Moreau intitulée Les moments littéraires rassemble 23 fragments de journaux plus ou moins intimes d’écrivains romands où les «classiques» de jadis et naguère (Amiel, Ramuz, Monique Saint-Hélier, Gustave Roud, Jacques Mercanton) voisinent avec des contemporains de générations diverses – de Douna Loup à Alexandre Voisard, ou de Noëlle Revaz à Jean-Pierre Rochat et Alexandre Friedrich -, dans un ensemble assez représentatif mais surtout varié de ton, avec de vraies découvertes en bonus. Démarche obsolète dans un monde où le «cher journal» fait figure de vieillerie? Ou défense du supplément d’âme et de style, de l’indépendance d’esprit et de la qualité littéraire, quand l’intimité même est livrée en pâture à la meute vorace?

Au lendemain de ses 85 ans, l’increvable «gaucho» tiers-mondiste s’est remis en selle pour voir, de près, l’affreuse situation dans laquelle des milliers d’êtres humains, chassés de chez eux par la guerre ou le chaos socio-politique, se sont retrouvés sur les côtes européennes de la Méditerranée, dans des conditions abominables. Il en a tiré un témoignage, Lesbos – La Honte de l’Europe, que nous ne pouvons ignorer. Autre témoin, qui a choisi la voie du conte pour rappeler les tenants et les aboutissants d’une autre tragédie africaine: Philippe Bolomey raconte Les malheurs de Justin dont le protagoniste, fils de première ministre massacrée à Kigali, s’est retrouvé SDF dans les rues de nos villes…

Extrait de notes d’hosto prises à l’unité Fleurs du nouvel établissement hospitalier de Chablais-La Riviera, sous l’écran en mode veilleuse marqué Fréquence Banane, trois jours après l’infarctus…

Dans sa dernière fiction, l’auteur romand joue avec un fait de société (la guerre entre voisins) comme s’y emploient le percutant Ferdinand von Schirach dans ses nouvelles ou le non moins grinçant Ulrich Seidl dans ses films proches du «docu». Où le style, à tout coup, le regard personnel et la patte font office de valeur ajoutée…

Dix ans après la mort – le 9 octobre 2009, foudroyé par une crise cardiaque –, de l’écrivain, qui fut parfois un impossible personnage, un dossier de «24Heures» en partie téléguidé par Daniel Maggetti, directeur du Centre de recherches sur les lettres romandes, nous explique, notamment, comment le «revisiter». Avec certaine hauteur suffisante, une obsession bourdieusarde des «stratégies» sociales et littéraires de l’écrivain, et un aperçu de son œuvre pour le moins réducteur…

Nos fugues helvètes nous conduisant dans l’Engadine de Nietzsche et de Daniel Schmid, de Thomas Mann et de Hermann Hesse, nous ressentons soudain, devant le vide de l’hors-saison touristique, le manque d’esprit et de cœur d’une société occidentale repue et autosatisfaite. Mais la poésie du monde reste accessible…

Phénomène franco-français à ramifications romandes, la rentrée littéraire d’automne, en phase avec la parisienne «saison des prix», fait désormais l’objet de présentations médiatiques à caractère essentiellement publicitaire, où les livres supposés «cartonner» sont souvent élus sans avoir été lus, sur la foi de rumeurs orchestrées. Faut-il en rire ou en sangloter? Et comment s’y retrouver?

Dieu est leur copilote, disent souvent les Américains, et la seule invocation du nom de Jésus, qui aime tout le monde et jusqu’aux pires canailles, comme chacun sait, suffit aux plus malins pour justifier tout et n’importe quoi. Ce qu’on sait moins, que révèle une brève série documentaire de Netflix, intitulée «The Family» et sous-titrée «la menace fondamentaliste», c’est qu’une véritable société secrète agit depuis des décennies au plus haut niveau du pouvoir, à la dévotion particulière de la divinité Dollar…

Une liesse générale sans artifice a marqué la Fête des vignerons 2019, dont le rythme en frénésie, l’énergie des chœurs et des chorégraphies, le tourbillon des images et des visages, sur un canevas enfantin, se sont déployés en beauté, relevant de ce qu’on peut dire sans vanité le génie des lieux et la bonhomie des gens, voire le bonheur d’être suisse cher à un certain Jean Ziegler…

Champion de la raquette et crack au jeu d’échecs, Denis Grozdanovitch s’est fait, aussi, en vieux sage avant l’âge, le collectionneur des diverses formes de singularités individuelles opposées à l’esprit grégaire croissant aujourd’hui à proportion exponentielle des meutes et des masses. Substantiel et souvent drolatique en dépit de son indéniable sérieux, «Dandys et excentriques» sera votre livre de l’été, à savourer à l’écart des foules…

Survivant mieux qu’un immortel académique, le chantre par excellence de la vie belle, «bonhomme inouï», nous revient par le truchement d’une très substantielle livraison de la revue «Instinct nomade», pilotée par le timonier Bernard Deson. C’est l’occasion de refaire le parcours d’un auteur adulé en sa jeunesse, oublié quelque temps, puis ressuscité au titre divers de précurseur de mai 68 et de «saint laïc», en attendant la caution fort heureusement improbable du Vatican…