La rentrée littéraire en cours sera ce que vous en ferez…


Phénomène franco-français à ramifications romandes, la rentrée littéraire d’automne, en phase avec la parisienne «saison des prix», fait désormais l’objet de présentations médiatiques à caractère essentiellement publicitaire, où les livres supposés «cartonner» sont souvent élus sans avoir été lus, sur la foi de rumeurs orchestrées. Faut-il en rire ou en sangloter? Et comment s’y retrouver?
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La rentrée littéraire est-elle un baudruche pleine de vide, comme l’affirmait crânement notre ami Etienne Barilier il y a quelques années dans une chronique relevant de la belle éthique «à l’ancienne», ou faut-il plutôt en jouer de manière plus cynique à la façon d’un Philippe Sollers qui, à la veille d’une autre rentrée, n’hésitait pas à parler de son propre livre à paraître comme d’un «véritable tsunami éditorial»?
A cette question rapportée au domaine des «plasticiens» à la coule, le défunt Pierre Keller répondait sans hésiter, à propos des étudiants de l’école d’art qu’il avait dirigée à Lausanne, qu’il lui importait de leur apprendre à se vendre avant de se réaliser en tant qu’artistes.
Or, celui qu’on a taxé de «génie» dans nos médias locaux, après l’hommage éploré de nos édiles tous partis confondus à ce présumé «provocateur», représentait à vrai dire la parfaite conformité à l’esprit du temps consistant désormais, précisément, à savoir se vendre dans le seul but de plaire à ceux qui sont supposés consommer les yeux fermés.




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