Jean-Christophe Emmenegger

Jean-Christophe Emmenegger
Jean-Christophe Emmenegger est journaliste RP indépendant, spécialisé dans les relations Suisse-Russie-Pays de l’Est, auteur du livre «Opération Svetlana» sur le séjour en Suisse de la fille de Staline (Éditions Slatkine, 2018).
Derniers articles

Quand l’armée suisse était un laboratoire de la guerre cognitive occidentale
Dans la mémoire collective suisse, l’armée incarne la défense ultime de la neutralité. Une armée de milice, ancrée dans le territoire, méfiante à l’égard des grandes puissances, gardienne sourcilleuse de l’indépendance nationale. Pourtant, dès les années 1950, cette institution se retrouve au cœur d’un flux intense d’informations stratégiques venues de l’étranger. Une part significative de ces analyses porte, évidemment, sur un sujet: la menace soviétique. Ce discours ne vient pas directement de Londres ou de Washington. Il transite par des canaux plus discrets, dans un espace rarement interrogé par l’historiographie: les revues militaires helvétiques.

Comment les services britanniques ont influencé la presse suisse pendant la guerre froide
Pendant des décennies, la Suisse s’est pensée et a été perçue comme un observateur distant de la guerre froide. Neutre, prudente, à l’écart des blocs, elle aurait traversé l’affrontement Est-Ouest sans vraiment y prendre part. Cette représentation rassurante a durablement façonné la mémoire collective helvétique. Les archives racontent une autre histoire.

A Lisbonne, une conférence citoyenne ravive l’idée de paix en Europe
Face à l’escalade des tensions autour de la guerre en Ukraine, des citoyens européens se sont réunis pour élaborer des pistes de paix hors des circuits officiels. Chercheurs, militaires, diplomates, journalistes et artistes ont débattu d’une sortie de crise, dénonçant l’univocité des récits dominants et les dérives de la guerre cognitive. Une première étape d’un effort citoyen qui espère remettre la raison au cœur du débat.

Ukraine: un scénario à la géorgienne pour sauver ce qui reste?
L’hebdomadaire basque «Gaur8» publiait récemment une interview du sociologue ukrainien Volodymyr Ishchenko. Un témoignage qui rachète l'ensemble de la propagande — qui souvent trouble plus qu’elle n’éclaire — déversée dans l’espace public depuis le début du conflit ukrainien. Entre fractures politiques, influence des oligarchies et dérives nationalistes, il revient sur les causes, volontiers ignorées, du conflit et explore les scénarios possibles pour l’avenir du pays.

L’impérialisme ukrainien, ça existe
Si la thèse d’une guerre russo-américaine dont l’Ukraine ne serait qu’un jouet par procuration est plausible, il ne faudrait pourtant pas éluder ceci: le nationalisme ukrainien est singulier et ne doit pas être confondu avec les connexions d’intérêt récentes entre Washington et Kiev. Si le nationalisme ukrainien est instrumentalisé par une ou plusieurs parties au conflit, il est originellement mu par une ambition peu connue, impérialiste, et qui repose sur l’idée d’un exceptionnalisme ukrainien, ce qui est propre à tous les nationalismes.

La logique implacable de l’invasion russe (selon le point de vue du Kremlin)
Alors que la situation dégénérait dans le Donbass, la Russie a reconnu l’indépendance des deux Républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, le soir du 21 février. Deux jours plus tard, le président russe annonçait le début d’une offensive militaire dans le but de «protéger les populations du Donbass» et de «dénazifier» l’Ukraine. Le calendrier des opérations russes n’est pas un hasard. Il répond à la réactivation d’une stratégie multiséculaire.