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Une alternance «apaisée» à la tête des Etats africains, mission impossible?

Catherine Morand

Par Catherine Morand · Publié le 16 février 2024 · 4 min de lecture

Une alternance «apaisée» à la tête des Etats africains, mission impossible?
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Le Sénégal connaît à son tour un scénario pathétique, fort répandu sur le continent africain: les chefs d’Etat trahissent leurs concitoyens en recourant à toutes sortes de subterfuges pour justifier leur refus de quitter le pouvoir à la fin de leur mandat, au risque de plonger le pays dans le chaos. Le président sénégalais Macky Sall vient en effet de repouser de six mois des élections agendées au 25 février. Décrédibilisant ainsi encore davantage des processus démocratiques à la peine dans une région gangrénée par des coups d’Etat militaires.

Sommaire

Le plus frappant pourtant, lorsqu’on couvre des élections sur le continent africain, c’est le sens civique très développé des citoyens et des citoyennes, qui ont à cœur de s’acquitter de leur devoir électoral. A chaque élection présidentielle en effet, les gens se déplacent massivement, parcourant parfois des kilomètres pour se rendre dans leur bureau de vote; et attendre durant des heures, en file indienne, sous le soleil ou sous la pluie, de pouvoir glisser leur bulletin de vote dans l’urne. Avec, à chaque fois, l’espoir renouvelé que leur voix sera prise en compte; que le Président ou les députés élus amélioreront leurs conditions de vie, comme ils s’y sont engagés lors de leurs campagnes.

Prédation et désillusion

Las. La trahison intervient souvent dès la fermeture des bureaux de vote et avant la proclamation des résultats. Un trou noir temporel qui peut durer quelques heures ou plusieurs jours, durant lequel toutes sortes de tripatouillages, peu reluisants, sont possibles. Lorsque le nouveau Président entre en fonction, il est encore porté par ses promesses de campagne et l’enthousiasme des foules auxquelles il promet monts et merveilles. Puis, au fur et à mesure que le temps passe, on l’entend moins; les promesses deviennent diffuses, lointaines, non tenues, l’autoritarisme guette. Le pays entre alors dans une nouvelle ère de prédation au sommet de l’Etat, et de profonde désillusion pour les populations. 

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