Un impact sous-estimé du coronavirus en Europe

Jonas Follonier

Par Jonas Follonier · Publié le 18 février 2020 · 2 min de lecture

Un impact sous-estimé du coronavirus en Europe
La production de médicaments risque de souffrir à moyen terme de l'épidémie de coronavirus. Photo d'illustration. - © Roche

Der Bund a mis en lumière un inconvénient peu considéré du coronavirus sur la santé en Europe: l’aggravation de la pénurie de médicaments. Explications.

On aurait tort d’être obsédé par le coronavirus en portant notre attention sur les victimes visibles et directes de cette épidémie. On aurait tout aussi tort de penser que l’Europe reste peu ou prou à l’abri. Dans un article daté du 11 février dernier, le quotidien suisse Der Bund a rappelé que les principaux médicaments contre l’épilepsie, le diabète, l’hypertension ou encore pour le traitement du cancer sont produits à partir de substances de base provenant de Chine et d’Inde. Or, depuis le déclenchement de l’épidémie de coronavirus, des licenciements, des fermetures de boîtes et des restrictions des voies de circulation prennent effet en Chine.

Cette situation de retards et même de suppressions de la production de principes actifs en Chine a déjà un impact relatif pour l’Europe. Dans certaines pharmacies, des patients ont reçu l’info que le médicament qu’ils étaient venus acheter n’était pas encore disponible. En Suisse, l’effet se fera ressentir dans quelques mois. Le pays compte pour l’instant suffisamment de réserve dans les stocks, mais cela ne saurait durer.

C’est ainsi que le directeur de l’association industrielle suisse Intergenerika qualifie le coronavirus de «bombe à retardement».

Les enjeux sont plutôt graves, puisque les maladies concernées le sont. Il est question de santé. Et comme toujours pour la santé, de prix. Une production «maison» de principes actifs en Europe, première solution à laquelle on songe par bon sens, signifierait une multiplication des coûts. Comme si la situation n’était déjà pas assez critique. N’en déplaise à ceux qui pensent qu’en Suisse, il n’y a pas de grands problèmes. N’en déplaise aussi à ceux qui pensent que la Suisse aurait intérêt à s’isoler du reste du monde et même de ses voisins dont elle partage le continent et une bonne partie de la culture! Quelle farce.


Lien vers l’article original.


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