Coronavirus sur le drapeau chinois: Pékin exige des excuses

Doménica Canchano Warthon

Par Doménica Canchano Warthon · Publié le 1 février 2020 · 2 min de lecture

Coronavirus sur le drapeau chinois: Pékin exige des excuses
© Image par congerdesign de Pixabay.

Les autorités chinoises ont demandé mardi au quotidien danois Jyllands-Posten de présenter ses excuses pour une caricature représentant le drapeau chinois orné de petits coronavirus à la place des 5 étoiles habituelles. Les médias et la plupart des politiciens danois appellent à défendre la liberté de la presse. S'agit-il vraiment d'un manque d'empathie, comme l'assure le gouvernement chinois, ou simplement d'une vision différente de la liberté?

Les différences culturelles ne sont pas tout, répond le journal danois Jyllands-Posten, qui rejette les remontrances de Pékin après avoir publié lundi dernier une caricature du drapeau chinois: le fond rouge et 5 virus en lieu et place des étoiles, allusion à l’épidémie de coronavirus.Une illustration qui a déclenché la colère de Pékin. Le dessin, signé Niels Bo Bojesen, a immédiatement suscité la réprobation de l’ambassade de Pékin à Copenhague.

«C’est une insulte à la Chine et ça fait mal au peuple chinois». Un exemple de satire «sans aucune solidarité ni compassion», poursuit la déclaration, c’est pourquoi des «excuses publiques» ont été exigées par les autorités chinoises.

Tout aussi indignée a été la réponse du journal: «D’aucuns imputent la réaction de Pékin à des différences culturelles et aux conceptions différentes de la signification du drapeau. Mais il est également connu que les différences culturelles impliquent une perception différente des libertés», rapporte le journal danois. Et ce dernier poursuit en rappelant la répression de la Chine contre les médias dans le pays et au-delà: «On sait également que l’État chinois a intensifié ses efforts pour réprimer la liberté d’expression en Chine afin de chercher, à toute occasion, à faire pression sur les États, les médias et la vie culturelle à travers le monde au profit des intérêts chinois. Dans ce contexte, il est encourageant de constater le plein soutien de la liberté d’expression des politiciens danois et du gouvernement danois, qui a connu l’influence chinoise sur la liberté d’expression lors de l’affaire du Tibet».

Le journal de centre-gauche Politiken a publié en soutien, deux jours après, la même image du drapeau chinois aux coronavirus.

Parmi les hommes politiques danois qui ont pris le parti du journal, on trouve Soren Pape Poulsen, chef du parti conservateur, qui écrit dans un tweet: «Soutien total au Jyllands-Posten». Une position également soutenue par la Première ministre danoise, sociale-démocrate, Mette Frederiksen, qui revendique la «liberté d’expression et de conception» au Danemark.

En 2005, le Jyllands-Posten avait ouvert une crise diplomatique avec les pays arabes pour avoir publié 12 caricatures de Mahomet, dont l’une représentait le prophète islamique avec une bombe sur la tête au lieu d’un turban. L’auteur du dessin, Kurt Westergaard, a pris sa retraite il y a 10 ans et a toujours dit qu’il ne regrettait pas la caricature.

Des épisodes similaires se sont également produits en Angleterre, où le directeur du Evening Standard, George Osborne, a fièrement tweeté une bande dessinée de son journal: un rat affublé d’un masque, une manière célébrer le nouvel an lunaire chinois, l’année du Rat.

Pour l’instant, on ne sait pas si les autorités chinoises en Angleterre l’ont appréciée.


Pour lire la réaction du journal danois, c’est par ici.

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