Film très controversé depuis sa présentation à la dernière Mostra de Venise, «The Painted Bird» de Václav Marhoul, d'après le best-seller de Jerzy Kosinski, suit les tribulations d'un gamin abandonné durant la Seconde Guerre mondiale. Œuvre puissante ou vaine litanie d'atrocités?
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Un roman «culte», les moyens d’une superproduction à casting international, un scandale festivalier: c’est assez pour donner envie de voir The Painted Bird de Václav Marhoul, film tchèque de presque trois heures boudé par nos distributeurs. Une importation directe par le cinéma Bellevaux de Lausanne et les Cinémas du Grütli de Genève a fini par rendre la chose possible. Cet article vous invite toutefois à y réfléchir à deux fois.
Autant l’affirmer d’emblée, nous n’avons guère goûté ce très long spectacle de toute la cruauté dont est capable l’espèce humaine. C’était déjà le projet du livre de Jerzy Kosinski L’Oiseau bariolé (1965), et non, il ne s’agit PAS d’une énième évocation des camps d’extermination nazis: le terrible sort des juifs n’est évoqué qu’au passage. Et pourtant, s’il y a deux films récents auxquels on pense, c’est bien Le Fils de Saul du Hongrois László Nemes, avec son ambition d’approcher cette horreur au plus près, et Der Hauptmann de l’Allemand Robert Schwentke, animé par celle de sonder l’âme des bourreaux. Tous ces films ont en commun une certaine volonté d’affronter le pire, sans doute dans l’idée d’un effet cathartique bénéfique. Mais c’est compter sans les réactions de rejet pur et simple (les festivals où le film a été montré ont enregistré beaucoup de sorties prématurées) ou d’anesthésie progressive (ce qui nous est arrivé).
Le fruit d’une longue gestation
De Kosinski (1933-1991), juif polonais émigré aux Etats-Unis après-guerre, également connu pour la fable Bienvenue Mr. Chance (Being There) et avoir joué dans Reds de Warren Beatty, on sait que cette œuvre n’a rien de strictement autobiographique. Quant à Marhoul, il fut directeur de production puis dirigeant des studios Barrandov de Prague avant de passer à la réalisation avec un hommage à l’univers de Raymond chandler (Mazaný Filip, 2003) et un film de guerre (Tobruk, 2008). Ce n’est qu’à l’occasion de ce dernier tournage, à 45 ans, qu’il tombe sur le livre de Kosinski et désire aussitôt en tirer un film. En fin de compte, il lui aura consacré onze ans de sa vie, entre l’obtention des droits, l’écriture du scénario (17 versions), le financement et pour finir un tournage étalé sur deux ans!





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