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SSR, ce bateau qui tourne en rond

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 30 octobre 2026 · 5 min de lecture

SSR, ce bateau qui tourne en rond
La SSR compte 6766 collaborateurs et dégage un chiffre d'affaires annuel d'environ 1,56 milliard de francs. © SRG SSR

Gros malaise au sein de la RTS. Comme nous l’avons révélé le 7 octobre dernier, quelque 200 collaborateurs et collaboratrices ont mis leurs revendications sur le papier et les ont envoyées à la direction, qui livre des réponses floues. Du côté de Zurich, mêmes colères à la SRF, qui s’adressent aussi à la centrale, à la directrice générale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR), Susanne Wille. Le public s’interroge. En quoi cela nous concerne-t-il ?

Sommaire

Première réponse, évidente : tailler dans les rédactions, cela finit par se remarquer dans la qualité des programmes. Ainsi la RTS écarte avant l’heure des carrures, tels Jean-Philippe Ceppi et Martina Chyba. Pour faire de la place à de gentils journalistes moins susceptibles de déranger. Comme à Genève, à Zurich, des personnalités de premier plan, comme la journaliste Susanne Brunner ou la documentariste Karin Bauer, maintes fois honorées, ont été débarquées avant l’âge de la retraite. Et où coupe la RTS ? Bien peu dans l’appareil administratif, mais durement dans des émissions importantes, scientifiques et médicales, comme CQFD à la radio et 36,9° à la télé.

Autre péril moins connu : l’excellent site swissinfo.ch (en dix langues !) a été menacé d’effacement par la direction de la SSR. Le Parlement a cependant sauvé son financement, jugeant que cet instrument de présence internationale est indispensable.

Les mêmes voix entre les mêmes murs

Pour ce qui est de la Suisse romande, la concentration de la radio et de la télévision, sur un même lieu, dans une même structure hiérarchique, a un autre effet : l’uniformisation des tonalités. Il fut un temps où, par exemple, Temps présent avait d’autres regards que le TJ, où les uns et les autres, dans les deux médias, cherchaient à se distinguer, évitaient de rabâcher les mêmes sujets. Ce n’était pas une question d’opinions politiques mais un souci d’élargir les champs de l’attention. La centralisation de la rédaction en chef va dans le sens contraire.

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