Ruée sur les terres fertiles d’Ukraine

Après un premier article paru sur Infosperber.ch sur les achats massifs de domaine agricoles ukrainiens par de grands groupes occidentaux, la «NZZ am Sonntag» emboîte le pas. Sur une page entière, elle décrit un processus peu connu d’accaparement des terres qui éclaire une dimension du conflit.
«A qui appartiennent le terres noires?» Tel est le titre. Le sol ukrainien est en effet très riche. L’institut indépendant Oakland, de Californie, a produit un rapport fouillé sur la situation agricole, dont se sont inspirés les journalistes alémaniques. En 2001, l’Ukraine a décrété un moratoire sur les achats de terre, pour protéger les petits paysans. Mais il a été levé en 2020 «sur l’insistance de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque européenne de développement», précise la NZZ am Sonntag qui cite ensuite le président de l’Union ukrainienne des petits agriculteurs, Viktor Scheremeta: «C’est une catastrophe pour nous!» Il proteste depuis longtemps contre ce «bradage avec des méthodes problématiques». Et continuerait de le faire si ce n’était le droit d’urgence dû à la guerre qui interdit les voix critiques.
Cinq millions d’hectares, appartenant autrefois à l’Etat, ont été cédés à des sociétés privées, locales et étrangères, aux oligarques. Dans des transactions opaques où la corruption a joué son rôle. 23 millions d’hectares restent entre les mains des huit millions de petits et moyens agriculteurs, Au total, les surfaces exploitées (33 millions d’hectares) représentent le tiers de celles de toute l’Union européenne. Les géants sont à la manœuvre, Bayer, Dupont, Cargill, Glencore. Le fonds de pensions américain NCH possède déjà 450’000 hectares. La plupart de ces investisseurs sont juridiquement implantés à l’étranger, dans divers paradis fiscaux.




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