Pourquoi notre modèle d’accueil va dans le mur


Notre manière de scolariser les enfants migrants est peut-être pleine de bonne volonté mais elle produit surtout la marginalisation et l’échec. C’est la thèse incommode de Francine Rosenbaum, orthophoniste et ethnoclinicienne suisse de renommée internationale. Après «Les humiliations de l’exil», elle publie chez Fabert un nouveau livre plein de fécondes provocations. Bonnes feuilles.
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Durant ses années d’activité comme orthophoniste à Neuchâtel, Francine Rosenbaum a «guéri» comme par miracle des centaines d’enfants de migrants en changeant la manière de s’adresser à leurs parents. Aujourd’hui retraitée très active au Tessin, cette ethnoclinicienne de choc et de renom formée (entre autres) par Tobie Nathan redouble d’énergie pour dénoncer, dans le style sans fard qui la caractérise, la «maltraitance institutionnelle» infligée aux jeunes issus de la nouvelle vague migratoire.
Ce n’est pas la quantité des moyens déployés ni l’abnégation des gens de terrain qui sont en cause, dit-elle en substance: c’est le modèle d’accueil lui-même, qui, malgré les discours, reste fondamentalement «assimilationniste». Notamment en ce qu’il exige une connaissance du français (respectivement de l’allemand) comme condition préalable à toute forme de relation avec la société d’accueil.
Cette thèse, Francine Rosenbaum la déploie puissamment dans Les humiliations de l’exil. Les pathologies de la honte chez les enfants de migrants (2009). On la retrouve déclinée sous différentes façettes dans sa nouvelle publication, Les mots pour les maux de l’exil, un recueil d’articles et conférences fraîchement sorti chez Fabert.



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