Lorsque les réseaux sociaux exacerbent la haine froide de la meute


Trouble, troublant et terrifiant: le nouveau film du polonais Jan Komasa, «Le goût de la haine», brosse le portrait de quelques manipulateurs cyniques fauteurs d’un crime aux échos très actuels, dans une Pologne contemporaine faisant figure de laboratoire mondial. On pense à Dostoïevski, au terroriste norvégien Andres Breivik, aux jeux dangereux de l’adolescence et à tous les vecteurs de haine, via les réseaux sociaux, dont un certain président américain donne l’exemple
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Nous ne verrons pas ce film cet été sur la Piazza Grande de Locarno, alors qu’il eût pu marquer ce festival ouvert au cinéma indépendant et aux réalisations d’auteurs, comme nous l’avons vécu tant de fois, par exemple avec la projection de La vie des autres je ne sais plus en quelle année.
Signe des temps: c’est sur Netflix, dont l’emblème fait vertueusement grimacer certains, que nous découvrons Le goût de la haine, et tant pis pour la fausse vertu puisque la vraie, lucide, les yeux grands ouverts sur la réalité réelle d’un vice abject, y est illustrée en ressaisissant ce qu’on peut dire la complexité humaine.
Celle-ci, excluant toute simplification binaire, tisse la psychologie du jeune protagoniste au prénom de Tomasz, dont l’ambiguïté fondamentale rappelle la figure hautement trouble et troublante de Tom Ripley, séduisant et maléfique personnage de Patricia Highsmith qui me disait un jour, à son propos, que l’origine de son ressentiment gisait dans une première humiliation.



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