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Les œuvres complètes du «dernier des pornographes»

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 17 décembre 2021 · 5 min de lecture

Les œuvres complètes du «dernier des pornographes»
Une des rares photos publiques de Georges Pailler, alias Esparbec. - © DR

Sous le pseudonyme d’Esparbec, Georges Pailler a écrit 73 livres d’une pornographie assumée et revendiquée. Jusqu’à sa mort, en 2020, il est resté actif dans le monde de l’édition «de mauvais genre». Les deux premiers tomes de ses œuvres complètes paraissent aux Editions La Musardine et ont été récompensés par le Prix Sade 2021.

Sommaire

Esparbec est mort le 6 juillet 2020 à Paris. Il avait 87 ans. Entre 1985 et 2012, il a publié 73 ouvrages pornographiques, notamment La Pharmacienne, un livre dont il vendra, toutes éditions confondues, 100’000 exemplaires. Les Editions La Musardine ont débuté la publication de ses œuvres complètes, dont les deux premiers tomes – il y en aura 12 jusqu’en 2025 – ont été récompensés en octobre par le prix Sade. Le premier tome s’ouvre avec la préface éclairante de Claude Bard  ̶  son ami et celui qui le premier l’édita   ̶  qui permet de mieux connaître la vie et l’œuvre d’un écrivain qui, bien que cantonné au «mauvais genre», mérite d’être connu au-delà des cercles d’initiés.       

C’est Jean-Jacques Pauvert (1926-2014), le légendaire éditeur de Sade et de Bataille, qui qualifia Esparbec de «dernier des pornographes». Pauvert, qui a toujours combattu la censure et en a souvent subi les foudres, pensait que la littérature pornographique se définissait en grande partie par une transgression de l’interdit, et que cet interdit faiblissant ou disparaissant, la pornographie allait faire de même. Il se trompait: ce n’est pas parce que la pornographie est aujourd’hui si facilement accessible que la censure morale ne sévit pas. Au contraire, on sent à nouveau arriver une vague de puritanisme, et gageons que la transgression pornographique a encore de beaux jours devant elle.

Une carrière consacrée à l’obscénité du sexe

Si Esparbec n’est donc pas à strictement parler le dernier des pornographes, il est le représentant d’une époque où la pornographie se déployait avec succès dans les romans de gare. Et en tant qu’écrivain et éditeur, il a consacré toute sa carrière à l’obscénité du sexe.

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