Réservé aux abonnés

Les États-Unis, du peuple élu à l’empire contesté

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 30 octobre 2026 · 9 min de lecture

Les États-Unis, du peuple élu à l’empire contesté
Cette œuvre, intitulée American Progress et peinte vers 1872 par John Gast, est une représentation allégorique de la « Destinée manifeste ». Une femme angélique (parfois identifiée comme Columbia, la personnification du Progrès aux États-Unis au 19e siècle), porte la lumière de la « civilisation » à l'ouest avec les colons américains, câblant le télégraphe dans son sillon. © DR

L’auteur d’un livre à paraitre prochainement sur la destinée manifeste des États-Unis (Olivier Rouot, La destinée manifeste) m’a aimablement demandé d’en faire la préface, dont je vous livre ici l’essentiel. À l’occasion des élections de mi-mandat du 3 novembre, qui changeront la trajectoire de Donald Trump mais pas celle des États-Unis, le moment m’a semblé propice de faire le point sur le destin de la puissance américaine.

Sommaire

La prodigieuse destinée des États-Unis fascine avec raison tant ce pays peut se flatter d’avoir réussi à façonner la planète à son image. Il convenait donc d’en faire le récit sans se laisser envoûter par son sujet, en montrant sa face cachée et ses crimes parfois monstrueux, tel le génocide des populations indiennes aux XVIIIe et XIXe siècles. Il faut rendre grâce à l’auteur de l’avoir fait en s’appuyant sur des faits, en partant des premiers – les aspirations messianiques des Pères pèlerins de 1620 – jusqu’aux derniers – les visions hallucinées des gourous de la Silicon Valley, les Peter Thiel, Curtis Yarvin, Nick Land et autres J.D. Vance.

Pour ma part, j’ai retenu trois épisodes qui me semblent avoir joué un rôle crucial dans le déroulement de cette destinée manifeste et qui continuent à déployer leurs effets jusqu’à aujourd’hui. Je veux parler de la doctrine Monroe, de la théorie de la puissance élaborée par l’amiral Alfred Mahan et de la promotion de l’universalisme libéral incarnée par le wilsonisme.

Monroe, de l’Amérique aux Américains à la « Donroe »

En 1823, les États-Unis, puissance en ascension mais encore faible, cherchent à exclure les puissances coloniales européennes d’Amérique latine. « L’Amérique aux Américains ! » proclame alors fièrement le président James Monroe. Mais comme souvent dans l’histoire nord-américaine, la pureté des intentions originelles dérive vite vers des buts moins louables.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Guerre en Ukraine : Les dessous des tractations secrètes entre les USA et la Russie

GéopolitiqueEntretienLibre

Guerre en Ukraine : Les dessous des tractations secrètes entre les USA et la Russie

L'accord sur le Diesel n'est que la pointe émergée de négociations plus amples entre la Russie et les USA. Que se négocie-t-il entre Washington et Moscou pour tenter de mettre fin à la guerre en Ukraine ? Le journaliste suisse Éric Hoesli analyse les pistes diplomatiques, les évolutions du front, l’apparition de drones capables de sélectionner leurs cibles grâce à l’intelligence artificielle et l'état d'esprit en Russie au sujet de la guerre.

Eric Hoesli

Ormuz miné: le monde sans plan B

ÉconomieArticle

Ormuz miné: le monde sans plan B

Le Guide iranien est mort. Son fils héritier appelle à la vengeance. Ormuz, lui, est bien vivant et il tue à petit feu l'économie mondiale. Un détroit de 24 miles de large miné par des Gardiens de la Révolution sans maître, négocié par des diplomates sans prise, redouté par des marchés sans alternative. Déminer le détroit prendra des mois. Déminer la région prendra des décennies. Le monde vient de comprendre, à ses dépens, qu'il n'avait pas de plan B.

Sid Ahmed Hammouche

Comment Trump a domestiqué la FIFA

GéopolitiqueArticle

Comment Trump a domestiqué la FIFA

La FIFA (Fédération internationale de football association) gouvernait autrefois le football mondial. Elle doit désormais composer avec les intérêts des grandes puissances. À travers la Coupe du monde 2026, les crises de gouvernance de l'organisation et la proximité croissante entre Gianni Infantino et Donald Trump, se dessine un basculement plus large.

Hicheme Lehmici