S’ouvrir à la surprise de la redécouverte littéraire, artistique; changer de longueurs d’onde, prendre du champ, bref: se montrer in#actuel. Autrement dit, indocile. Une autre façon encore d’aborder l’actualité.
Avec sa barbe poivre et sel, son ample carcasse, Michel Le Bris a tout du patriarche. L’équipe du Festival Etonnants voyageurs qu’il a créé à Saint-Malo avec le succès que l’on sait, ses proches, tous ne l’appellent-ils pas «le Vieux»?
C’est en 1981 que j’ai rencontré pour la première fois Michel Le Bris. Autant dire il y a des années-lumière. Lors d’une interview, à Genève, chez Skira, où venait de paraître son Journal du Romantisme. Nous nous étions revus le lendemain à La Chaux-de-Fonds, au Club 44. En ces temps lointains, les conférences étaient toujours accompagnées de diapositives. Or, ce soir-là, Le Bris, discourant avec la passion que l’on sait, oubliait régulièrement de passer au cliché suivant. Au risque de voir la pellicule prendre feu!
Nous nous sommes revus seulement en 2010, au tout premier Livre sur les quais. Le Bris venait de publier sa magnifique autobiographie, Nous ne sommes pas d’ici. Encore l’un de ces titres que j’envie, déclaration que je pourrais faire mienne. Il ne dissimulait pas son plaisir d’être à Morges. Lui, le Breton, aux yeux toujours fixés sur le grand large: «Le festival de Saint-Malo n’a pas commencé autrement.»




Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.