La protection de l’environnement est absente des politiques publiques du numérique

Solange Ghernaouti

Par Solange Ghernaouti · Publié le 14 novembre 2025 · 13 min de lecture

La protection de l’environnement est absente des politiques publiques du numérique
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Le numérique est un secteur industriel qui contribue à épuiser les ressources naturelles et à polluer la planète. Les déchets électroniques, la consommation électrique et hydrique croissent avec la multiplication et l’intensification des usages numériques, en particulier ceux liés à l’intelligence artificielle, au streaming vidéo, aux cryptomonnaies. La dimension écologique des traitements informatiques est pourtant absente des politiques publiques de la Suisse numérique. Sommes-nous sous l’emprise des faiseurs d’IA et des géants du numérique, aveuglés par le techno optimisme, addicts au techno solutionnisme ou simplement inconséquents pour occulter l’impact grandissant du numérique sur la dégradation de l’habitabilité de la planète?

Sommaire

Deux fois par mois, dans sa rubrique «Us et coutumes numériques», Solange Ghernaouti analyse la réalité des pratiques numériques et des usages de l’intelligence artificielle, sous l’angle des problématiques sécuritaires.

Le numérique, accélérateur du changement climatique

Les risques et les crises géopolitiques, environnementales, sociétales et technologiques constituent, selon le dernier Global Risk Report 2025 du World Economic Forum, des défis majeurs auxquels doit faire face un monde hyperconnecté. Désormais, les cyberattaques sur les infrastructures énergétiques et industrielles dont l’activité est liée aux ressources naturelles (usines chimiques, de traitement des eaux, plateformes d’exploitation pétrolière, centrales nucléaires, etc.) sont également des facteurs de risques aggravants pour l’environnement.

L’accélération de la transition numérique de l’administration et des organisations, telle que soutenue par le secteur privé et public, ne prend pas en compte la dimension écologique du numérique. Ainsi par exemple, l’administration entièrement numérique promue par la Confédération via sa stratégie «Administration numérique suisse 2024-2027», favorisée par l’adoption de l’e-ID, dont le plan de mise en œuvre pour 2026 vient d’être adopté par l’organe de direction politique de l’Administration Numérique Suisse (ANS), mentionne les priorités stratégiques suivantes:

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