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La monnaie qui brûle les doigts de la BNS

Yves Genier

Par Yves Genier · Publié le 16 juin 2020 · 7 min de lecture

La monnaie qui brûle les doigts de la BNS
L'idée inquiète les autorités financières: la création d'un franc suisse numérique, à l'instar des cryptomonnaies déjà en service, comme le Bitcoin. - © Pixabay

La Banque nationale a commencé à tester l'introduction d'un franc électronique similaire aux cryptomonnaies telles le bitcoin. Un projet révolutionnaire dans lequel elle entre à reculons.

C’est une idée qui brûle les doigts de la banque nationale, et pourtant elle ne peut pas faire autrement que de s’y engager de toutes ses forces: la création d’un franc suisse numérique. Autrement dit, permettre au franc suisse de circuler sur la blockchain (technologie dont le propre est de fonctionner sans organe de contrôle, ndlr) comme le fait depuis dix ans n’importe quelle cryptomonnaie à l’instar du bitcoin et de l’ether. Ce registre numérique ouvert permet d’opérer n’importe quelle transaction, d’ordinateur à ordinateur, et d’en démontrer l’authenticité. Il permet par conséquent aux flux financiers de de fonctionner de pair à pair, et donc s’affranchir des banques. Dans un pays de banquiers comme la Suisse, cela suscite de sérieuses inquiétudes. A commencer par la première d’entre elles, la BNS.

Certes, les paiements par ordinateur et par téléphone sont devenus une grande banalité depuis quelques années, d’abord avec la banque sur internet, puis les paiements sans contact, et enfin ceux par téléphone que permettent des applications comme Apple Pay, Samsung Pay et Twint, dont l’usage a été accéléré par la pandémie. Mais tous ces systèmes, bien qu’électroniques, ont toujours besoin d’un intermédiaire bancaire pour fonctionner, qui ne se prive pas de prélever des frais parfois conséquents. De plus, ils sont souvent compliqués à utiliser dès que l’on sort des frontières nationales, éventuellement européennes. Bref, le système reste lent, compliqué et cher.

Un succès qui inquiète

Néanmoins, il n’est plus possible d’ignorer le fait que les cryptomonnaies cartonnent. Bien qu’interdites dans plusieurs pays, elles ont permis le développement, souvent très spéculatif, d’émissions de titres baptisés «jetons numériques» qui se diffusent par milliers et se négocient sur des centaines de plate-forme, dont la plus importante est Binance. Tout ceci a favorisé l’émergence de toute une industrie financière échappant largement aux contrôles étatiques. Leur valeur cumulée avoisine ainsi 270 milliards de dollars, selon le site de référence Coinmarketcap.

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