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Assurance-maladie: 150 ans de promesses pour rendre la facture supportable

Martin Bernard

Par Martin Bernard · Publié le 25 septembre 2026 · 19 min de lecture

Assurance-maladie: 150 ans de promesses pour rendre la facture supportable
© Depositphotos

En 2027, les primes d’assurance-maladie devraient encore augmenter. Les principales estimations tablent sur une hausse de 4 à 5 %. Le chiffre officiel tombera fin septembre. Chaque année ou presque, le même bal se répète. Nous avons plongé dans cent cinquante ans d’archives de presse helvétiques pour retracer l’histoire de l’assurance-maladie et des débats incessants sur son financement. Certaines questions posées aujourd’hui l’étaient déjà il y a plus d’un siècle.

Sommaire

Elle a 95 ans et vit dans la Basse-Ville de Fribourg. Sa caisse lui annonce que sa prime passera de 364 à 405 francs par mois. Sa rente AVS se monte à 1500 francs. Joseph Rey, qui anime un groupement de retraités, lui conseille de rejoindre le boycott des hausses. Elle hésite. L’anecdote est relatée dans L’Hebdo du 28 décembre 1990. La LAMal, qui rendra l’assurance obligatoire pour tous, n’existe pas encore.

Trente-six ans plus tard, le sentiment d’impuissance n’a pas changé. Les primes n’augmentent pas tous les ans, mais les rares années de répit n’apaisent pas la colère. Faut-il pour autant parler de promesses jamais tenues? Certaines l’ont été. D’autres ont été repoussées, édulcorées ou démenties par les factures. Pour mieux comprendre l’évolution des primes, prenons de la hauteur et parcourons les archives de presse.

Avant les caisses, la peur de ne plus manger

Le 3 janvier 1873, un correspondant de La Feuille d’avis de Lausanne, l’ancêtre du quotidien 24 heures, s’adresse aux sociétés de secours mutuels, ces caisses d’entraide dont les membres cotisent pour être aidés en cas de maladie. Il leur demande d’ouvrir leurs portes aux femmes et aux enfants, moyennant une demi-cotisation pour les premières et un quart pour les seconds. Ceux qui paient sans jamais rien réclamer financeraient les autres. L’idée de répartir l’effort selon les moyens est déjà là.

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