La grande peur dans la montagne


Alors que tout semble bien aller, les marchés financiers sont inquiets. Inquiets de ce qu'ils ne comprennent pas. Ils s'alarment donc de ce qu'ils saisissent. A commencer par la hausse des dettes dans les pays émergents, par les crises turque et argentine. Et donc, ils se précipitent à nouveau vers la Suisse. Une ânerie qui risque de coûter très cher à beaucoup de monde, à commencer par vous et moi.
Sommaire
En 1926, Charles-Ferdinand Ramuz racontait dans La grande peur dans la montagne comment un village montagnard a été anéanti par une lave torrentielle provoquée par la libération d’une poche d’eau dans un glacier. Mais ce désastre n’était que la conclusion tragique d’une mise en scène autrement plus complexe, celle des croyances et des peurs que peut développer une communauté confrontée à des phénomènes naturels qui la dépassent et que divise la recherche d’une réponse.
Les marchés financiers sont aujourd’hui semblables aux bergers et vachers d’antan décrits par le grand écrivain romand. Ils s’effrayent de phénomènes qu’ils peinent à comprendre, mais ne font strictement rien pour échapper à la destruction que l’on sait inéluctable sans avoir la moindre idée de quand ni pourquoi elle se produira. Mais tétanisés par la peur, ils prennent, collectivement, des décisions aux effets destructeurs, notamment pour nous, en Suisse.
Victimes
La grande peur, c’est la dette. Enorme, elle n’a fait que gonfler depuis la grande crise financière qui a provoqué la faillite de la banque Lehman Brothers il y a dix ans et précipité la finance au bord de l’abîme. Hier, sa victime était la Grèce. Aujourd’hui, ce sont la Turquie et l’Argentine.




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