Faut-il porter un masque ou manifester avec les coronasceptiques? Face aux angoissantes interrogations de l’époque il reste une assurance: la fondue ne présente aucun risque sanitaire. Par contre, le pain qu’on y trempe n’est pas toujours suisse, comme le beurre vendu à la Migros, et ça pose bizarrement la question du territoire. Quant aux aspects déplaisants du monde, il vaut mieux s’en occuper soi-même.
Il y a les coronasceptiques, les eurosceptiques, les climatosceptiques, ceux qui pensent que les réseaux sont sociaux, ceux qui voient des complotistes à tous les coins de rue, ceux qui disent partout qu’on ne peut plus rien dire nulle part, ceux qui fétichisent l’histoire, ceux qui s’en racontent… La variété des opinions, des croyances et des superstition est grande − alors que les comportements, eux, sont de plus en plus uniformes, mais c’est un autre sujet. Heureusement, il reste des valeurs sûres. La fondue par exemple. «Cette pratique de groupe est-elle à risque en ces temps troublés par la propagation du coronavirus? Non, répondent les spécialistes», affirme Le Matin Dimanche. Même «le célèbre Didier Pittet, médecin-chef du service de prévention et contrôle de l’infection des Hôpitaux universitaires de Genève, s’était montré on ne peut plus clair récemment sur cette question», précise le journal, citant le médecin: «Un risque lié à la fondue? Certainement pas.» En ces temps de perte de repères, les angoissées et les angoissés apprécieront qu’un îlot de certitude persiste, même s’il se trouve au milieu d’un caquelon de fromage tiède.
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A peine cette bonne nouvelle donnée, le même Matin Dimanche révèle que le pain que l’on trempe dans la fondue n’est pas toujours suisse. «Le problème vient essentiellement des stations-service. Le pain est vendu comme un produit suisse alors qu’il est juste réchauffé. Je prends toujours l’exemple des croissants qui sont fabriqués en Pologne et arrivent chez nous après avoir parcouru des centaines de kilomètres en camion frigorifique», confie un artisan boulanger au journal dominical. Ce qui donne l’occasion au porte-parole de la Migros d’affirmer que chez le grand distributeur «la majeure partie de notre pain frais est produite directement en filiale». Sauf que le beurre que vous allez étendre sur ce pain et que propose le géant orange n’est, lui, pas toujours produit avec du lait helvète. Mais alors, que sont censés protéger les avions de combat que l’armée veut acheter pour six milliards de francs? Des tartines même pas suisses?






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