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L’œuvre indémodable de Le Corbusier

Eugénie Rousak

Par Eugénie Rousak · Publié le 27 novembre 2019 · 6 min de lecture

Blâmé ou acclamé, le controversé style de Le Corbusier crée deux camps. Si les partisans du Modulor vouent un véritable culte au minimalisme de ses constructions, d’autres sont troublés par la froideur de ses «machines à habiter». Cela dit, qu’il plaise ou qu’il froisse, l’artiste a grandement influencé l’architecture du XXe siècle, laissant une trace forte sur son pays natal, la Suisse.

Sommaire

Né à La Chaux-de-Fonds en 1887, celui qui s’appelait encore Charles-Edouard Jeanneret-Gris a d’abord étudié la gravure et le dessin avant de se tourner vers l’architecture. Il entreprend alors une série de voyages pour découvrir les plus belles réalisations mondiales dans ce domaine. En Méditerranée il s’imprègne du classicisme, dans les pays germaniques il découvre les arts décoratifs, les maisons traditionnelles le fascinent en Bulgarie, en France c’est le béton armé qui l’intrigue. Progressivement, son propre style se forme et Le Corbusier définit en 1927 les 5 postulats de l’architecture moderne: des pilotis à la place des murs porteurs, un plan de l’espace ouvert, un toit-terrasse végétalisé, les fenêtres en bandeau pour faire entrer un maximum de luminosité et des façades libres. Cassant les diktats classiques et rompant avec le populaire art nouveau, il invite les méthodes de l’ingénierie industrielle dans ses créations. Un véritable purisme architectural se développe ainsi, privilégiant les formes géométriques et les structures légères.

Façade de l’immeuble Clarté © Eugénie Rousak

Le Corbusier en Suisse

De retour en Suisse, il travaille comme expert décorateur du bâtiment, mais rapidement son envie de liberté et de création prend le dessus. Il débute la construction de sa première réalisation libre en 1912: la Maison Blanche. Destinée à ses parents, cette bâtisse est une véritable place de jeu pour l’artiste, où il s’essaye, se découvre et s’affirme. Le prochain chantier sera la villa Schwob ou la Villa Turque, au goût oriental, avec des formes arrondies et des toits-solariums. Il réalise également quelques projets en parallèle, mais que cela soit dans la réalisation d’un cinéma à La Chaux-de-Fonds ou de la cité-jardin à Saint-Nicolas-d’Aliermont, l’architecte rencontre de nombreux problèmes techniques. En 1923 Le Corbusier se lance dans la construction d’une seconde villa pour ses parents, située à Corseaux. Fonctionnelle et moderne, elle est aujourd’hui classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. La toute dernière réalisation helvétique de l’architecte est le Pavillon d’exposition ZHLC. Achevé après sa mort, cet édifice zurichois est composé de verre et d’acier, rompant ainsi avec le béton, matériel de prédilection de Le Corbusier.

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