L’effet Dildar: la revanche des gueux


Dans mon dernier papier, j’évoquais «l’Europe obsolète» et l’émergence d’un nouveau monde qui fait désormais concurrence non seulement à l’Europe mais aussi au vieux «Nouveau Monde» américain. «Où est-il exactement, ce nouveau nouveau monde?» avais-je demandé à mon ami bengali Dildar.
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Sa réponse a fusé: «Son épicentre est à Dhaka», la vibrante capitale du Bangladesh, sur laquelle je n’aurais parié ni un kopeck, ni une roupie, et encore moins un taka (0,0086 franc suisse selon le dernier cours). «Oui, soupire-t-il avec commisération, le dernier rapport du Boston Consulting Group place le Bangladesh dans les économies les plus dynamiques d’Asie. Je t’envoie le lien.» Et moi qui croyais qu’on y croupissait toujours dans la misère et que son économie se réduisait à des ateliers de confection de jeans exploitant le travail des enfants…
Le dernier rapport du BCG, qui date du mois de novembre, balaie en effet mes derniers doutes. Son titre est éloquent: «The Trillion-Dollar Prize: Local Champions Leading the Way». Il constate que ces dernières années l’économie bangladeshie a crû plus vite que toutes ses voisines (+6,4% par an en moyenne depuis 2016 contre 5,4% pour le Vietnam, 3,9% pour l’Inde, 3,4% pour l’Indonésie, etc.) et que son PNB devrait doubler pour atteindre le trillion de dollars et devenir le 9ème marché de consommateurs au monde d’ici 2030, devant l’Allemagne et l’ancien colonisateur britannique.




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