Julius Malema, Nathalie Yamb et la nouvelle radicalité africaine


Angle mort des médias mondiaux pendant des décennies, le continent africain est devenu passionnant à observer depuis la crise du Covid parce qu'il s'y passe sans cesse des événements décoiffants et qu'il y règne une espèce d'effervescence brouillonne difficile à déchiffrer mais très tonique.
On se souviendra par exemple que l’Afrique, en dépit de son PIB rachitique, fut la région du monde qui a le moins souffert de la pandémie et que sa population est sortie pratiquement indemne de la crise sanitaire en échappant à l’hystérie des passes sanitaires, au confinement, aux interdictions de toutes sortes et à la fascination morbide pour des vaccins aussi peu efficaces que hors de prix. Une leçon de bon sens et de pragmatisme salutaire assurément.
Coté institutions, le continent vient de connaitre deux élections démocratiques réussies. En octobre, l’un des plus petits pays, le Libéria, ravagé naguère par une guerre civile atroce, a élu un nouveau Président et chassé l’ancien, le footballeur Georges Weah, au terme d’une campagne qui s’est parfaitement déroulée. Plus surprenant encore, le géant du continent, l’improbable République démocratique du Congo, pourtant en proie à toutes sortes de tensions inter-ethniques et à une guerre civile sans fin alimentée par son pernicieux voisin rwandais, vient de réélire son Président sans anicroche. Personne n’aurait parié un centime sur de telles issues.
De leur côté, le Burkina, le Mali et le Niger ont annoncé fin janvier leur retrait immédiat de la CEDAO, la communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest pilotée en sous-main par la France, peu après avoir bouté l’armée française et les soldats de l’ONU hors de leur territoire. Un acte de souveraineté audacieux et totalement inédit dans l’histoire du continent et qui prélude, peut-être, à l’abandon prochain du franc CFA, cette autre survivance de la domination coloniale française, dont la dénonciation avait valu à Khadafi en 2011 une intervention armée occidentale qui lui fut fatale.




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