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Jouer à pile ou face avec des cryptomonnaies?

Boas Erez

Par Boas Erez · Publié le 19 mai 2023 · 8 min de lecture

Jouer à pile ou face avec des cryptomonnaies?

Il y a un peu plus d’un an, la ville de Lugano a misé sur les cryptomonnaies avec son Plan B; B comme bitcoin. Il s’agit d’un projet unique en Suisse, fortement voulu par la municipalité, et qui prévoit: la promotion des cryptomonnaies comme moyen de paiement, un centre spécialisé autour des technologies blockchain, un programme de formation, et des conférences sectorielles. Pourquoi la mairie de la troisième place financière du pays a-t-elle choisi d’investir dans un moyen de paiement inventé pour permettre des transactions en ligne afin d’éviter les institutions bancaires? Nous proposons un bilan de l’opération.

Sommaire

Le bitcoin, inventé en 2009, est une actif financier digital pouvant être échangé sans intermédiaire et sans être dupliqué. Si on y pense ce n’est pas du tout banal: lorsqu’on envoie un fichier électronique classique, on en envoie une copie, et on garde l’original sur son ordinateur. Ce n’est pas le cas pour le bitcoin, pour lequel vaut le proverbe qu’il est impossible d’avoir le beurre et l’argent du beurre. Ceci grâce à la technologie blockchain, qui fournit les garanties normalement fournies par les banques.

Des monnaies sans tête

De fait, le bitcoin n’est pas juste un moyen de paiement électronique, comme Twint par exemple. Ce dernier fonctionne sur la base d’un accord entre des banques suisses, et nécessite d’avoir un compte bancaire de référence, associé à un numéro de téléphone. Pas le bitcoin, qui peut circuler librement, sans dépendre des institutions financières classiques, et sans laisser de trace, tout en permettant à qui le possède de vérifier sa valeur. Si les bitcoin avaient une face, il n’y aurait pas de tête représentant un pouvoir central qui pourrait y figurer.

Un manque de réglementation et des zones d’ombre

Le bitcoin est une monnaie qui vit dans un monde financier alternatif et décentralisé. C’est bien pour cela qu’il a intéressé ceux qui mettent en cause le rôle des banques centrales et le pouvoir du système financier en général. Il a un potentiel subversif et est particulièrement adapté pour être utilisé à des fins illégales, comme par exemple dans le cas de demandes de rançons.

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