Hong Kong: le double standard des médias américains

Jonas Follonier

Par Jonas Follonier · Publié le 14 janvier 2020 · 2 min de lecture

Hong Kong: le double standard des médias américains
La NZZ s'interroge sur la différence de traitement, dans les médias américains, des différents soulèvements qui agitent la planète. - Une du New York Times consacrée à Hong Kong le 28/08/2019 - DR

Des luttes partout sur la planète. En France, au Chili, à Haïti ou encore à Hong Kong. En lisant la presse américaine, on constate une surabondance des soulèvements de Hong Kong dans les contenus des médias par rapport aux autres conflits. C’est le sujet que met sur la table la NZZ. Commenter les commentaires des médias, à quoi bon? Eh bien, cette affaire nous renseigne sur une certaine hypocrisie américaine. Voyez plutôt.

Le 28 décembre dernier, la NZZ publiait un papier qui reste d’actualité. Intitulé «New York Times und CNN berichten tendenziös über die Aufstände in Hongkong: Woher rührt die Doppelmoral amerikanischer Medien?», l’article questionne le traitement par la presse américaine des soulèvements qui ont lieu à Hong Kong depuis mars 2019. En cause, à la fois le nombre d’articles consacrés à ce dossier en comparaison de ceux qui concernent les luttes sociales ailleurs dans le monde, et – plus intéressant encore – le ton de ces articles.

L’étude relayée par le quotidien alémanique et réalisée par l’ONG fair.org fait état du nombre de contenus du New York Times et de la chaîne d’info CNN consacrés aux protestations qui secouent Hong Kong, le Chili, l’Equateur et Haïti. Les chiffres sont édifiants: jusqu’au 22 novembre dernier, les deux médias ont publié 737 articles sur Hong Kong, 36 sur le Chili, 28 sur Haïti et 12 sur l’Equateur. Ces résultats ne sont pas étonnants quand on sait que les manifestations à Hong Kong ont débuté avant les autres; mais Hong Kong est par exemple resté privilégié même quand la situation s’est envenimée en Equateur!

Ce que ces données offrent déjà comme indice se couple à un examen plus parlant encore: celui du vocabulaire. Les «manifestants pro-démocratie» de l’ancienne colonie britannique restent décrits coûte que coûte comme des «manifestants pro-démocratie» malgré les débordements – la violence, chers amis de la démocratie, c’est un détail, tout comme la mort de ce septuagénaire japonais causée par des rebelles! A l’inverse, les protestataires chiliens et équatoriens sont évidemment des «insurgés», des «incendiaire» ou des «pillards».

L’explication? On aurait tort de se priver de constater que les Etats-Unis et les manifestants de Hong Kong ont un ennemi commun, à savoir le pouvoir chinois, tandis que les gouvernements chilien et équatorien sont alliés de la puissance américaine. Nul question ici de complot, seulement de mentalité, consciente ou non. Ne cherchez donc pas plus loin: «les alliés de Washington sont sacro-saints!» Comme souvent, la Neue Zürcher Zeitung a l’art de la formule. Et derrière la formule, de l’investigation. On lira donc leur papier pour plus de détails.


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