Gerhard Pfister et les incohérences du PDC Suisse


Alors que, deux jours avant Noël, Gerhard Pfister annonçait à la «NZZ am Sonntag» que «sans christianisme, il n’y aurait pas de siècle des Lumières ni de démocratie», et que le PDC Suisse s’enlise sur la question de l’islam, la ligne de ce parti est plus floue que jamais. D’incohérence en incohérence, cet héritier du Parti catholique conservateur souffre d’un manque de réflexion sérieuse et réunit deux courants irréconciliables. Petit état des lieux.
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Le média en ligne suisse allemand infosperber.ch n’a pas manqué de réagir aux réflexions de Gerhard Pfister relayés par la NZZ am Sonntag sous forme de long entretien. Dans cet article publié le 23 décembre dernier, le président du PDC Suisse a tenu des propos confirmant sa ligne conservatrice, regrettant par exemple que «beaucoup de représentants de l’Eglise [soient] devenus des travailleurs sociaux» ou affirmant que «sans christianisme, il n’y aurait pas de siècle des Lumières ni de démocratie».
Inculture historique ou malhonnêteté politique?
C’est ce second élément qu’infosperber.ch a pointé du doigt, accusant dans son titre le chef du PDC de «décorer le christianisme de plumes étrangères». Christianisme et liberté, deux notions contradictoires? Ce serait aller vite en besogne que de l’affirmer. Mais la critique sévère d’infosperber s’avère justifiée quand on s’intéresse à l’argumentation «philosophico-politico-historico-religieuse» qu’a livrée Gerhard Pfister pour asseoir sa thèse: «La liberté et la dignité humaine sont avant tout des concepts chrétiens. Seule la foi chrétienne a affirmé le caractère unique et l’image de Dieu de chaque être humain. La liberté en découle.»
Jamais pareil tissu d’âneries ne fut proféré aussi clairement par un ponte démocrate-chrétien! Alors que la discussion porte sur la politique et que Gerhard Pfister représente un parti national, voilà que la liberté est considérée comme non seulement compatible avec le christianisme, mais encore dépendante de lui (sans cette religion, à en croire Pfister, il n’y aurait pas de liberté…). Dire cela, c’est nier le fait historique que la liberté n’a véritablement été prise en considération dans les discussions politiques suisses qu’à partir du XVIIIe siècle, se voyant progressivement amenée par les radicaux et les libéraux au siècle suivant sous forme de droits civiques.




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