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Georgette ou le joyeux Alzheimer

Anna Lietti

Par Anna Lietti · Publié le 18 septembre 2019 · 8 min de lecture

Georgette ou le joyeux Alzheimer
Josiane Bataillard joue Georgette, qui sort en pleine nuit acheter du pain et se perd dans Lausanne. - © Strangeclouds 2017

Votre vieille maman a perdu la tête? D’accord. Mais dans son délire, elle n’est probablement pas si malheureuse que ça. C’est le message véhiculé par un court métrage profondément original, à la fois poétique et didactique, qui vous embarque dans la tête d’une femme atteinte d’Alzheimer. L’auteur d’«Avant loubli», Ferenc Rakoczy, est à la fois psychiatre, cinéaste et fils d’une malade au long cours. Bienvenue en terrain d’aventures hors catégories. Avec vue apaisante sur symptômes anxiogènes.

«J’adore aller voir ma mère en EMS. Une fois qu’on a traversé le mur de la compassion, on se marre!» Ferenc Rakoczy est psychiatre et psychothérapeute, mais aussi poète et cinéaste. C’est grâce à cette hétéroclyte boîte à outils qu’il a pu réaliser Avant l’oubli, court métrage inclassable, désormais disponible sur le web (voir ci-dessous), sur la maladie d’Alzheimer: un film de fiction avec de vrais gens, à la fois poétique, documenté et étonnamment souriant.

Mais la véritable source du film – et de son sourire inspirant – c’est, dit-il, son vécu familial. La mère de ce médecin lausannois navigue en effet en haute mer de démence depuis plus de dix ans et c’est en vivant l’expérience du proche aidant que Rakoczy a compris: «Le regard de pitié et d’effroi que nous jetons sur cette maladie nous obscurcit la vue et nous empêche de voir la personne telle qu’elle est. Si on parvient à passer au-delà, on s’aperçoit qu’elle n’est pas si malheureuse que ça.»

C’est pour le faire savoir, pour promouvoir une image moins tragique d’une maladie devenue obsédante, qu’est né Avant l’oubli: «Georgette, mon personnage, erre, la nuit, dans la ville et surtout dans le labyrinthe de sa propre nuit intérieure. Elle a des hallucinations, elle est dans un autre monde. Mais un monde qui n’est pas aussi terrible qu’on pourrait le penser.»

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