«Et pourtant, elle tourne!»


Difficile de mieux illustrer le noble courage du savant persécuté qu’avec cette exclamation de Galilée. En quatre mots, la formule traduit le combat courageux de la raison contre la croyance et de la science contre la superstition. Il n’y a qu’un problème: rien ne permet de penser qu’il l’ait prononcée.
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Cet article, signé Jean-Christophe Piot, a été publié sur Mediapart le 29 juillet 2019
Mathématiques, physique, géométrie… Né en 1564 à Pise, Galileo Galilei ou Galilée, de ce côté-ci des Alpes, aura été de toutes les controverses scientifiques d’une période qui en regorge, entre le XVIe et le XVIIe siècles.
Au fur et à mesure des avancées scientifiques, les thèses nouvelles viennent remettre en question des notions jusque-là considérées comme acquises, quand elles ne se heurtent pas au dogme catholique, parfois violemment. Sans que les choses soient aussi simples que ça d’ailleurs: nombre d’hommes d’église sont eux-mêmes des chercheurs et des scientifiques et l’Église est très loin de condamner tout progrès par principe – mais la recherche d’un nouvel équilibre entre science et foi pose de sérieux problèmes.
Débat central de l’époque moderne, la question de l’héliocentrisme en est un cas d’école. Deux thèses s’opposent. La première, portée par quelques solides défenseurs comme Ptolémée ou Aristote, fait de la Terre le centre de l’univers, le reste des astres tournant autour d’elle. Cohérent pour les théologiens, aux yeux de qui Dieu a nécessairement fait de sa création le cœur du cosmos.




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