Réservé aux abonnés

Dominique Goblet, un livre envoûtant et une exposition à Bâle

Yves Tenret

Par Yves Tenret · Publié le 22 mars 2024 · 7 min de lecture

Dominique Goblet, un livre envoûtant et une exposition à Bâle
© Inés Castellano via Unsplash

«Le Jardin des Candidats» de Dominique Goblet et Kai Pfeiffer est un livre grand format où se croisent bande dessinée et art contemporain, céramiques, sculptures, ready-mades, aquarelles et strips narratifs, dans une totale liberté de ton. Ouvrage d’une grande invention offrant des dessins de jardins, de trous dans ces jardins, d’hommes nus ou habillés, de visages d’hommes en pleurs, de vases, photographiés ou dessinés, dus aux deux artistes ou chinés sur des marchés. Tout cela, dans d’infinies nuances d’une couleur dominante, le vert, couleur du règne végétal et couleur de l’espoir.

Sommaire

L’exposition

Le Cartoonmuseum de Bâle, logé dans un bâtiment signé par les architectes Herzog & de Meuron, propose, jusqu’au 26 mai prochain, une exposition rétrospective de Dominique Goblet, née à Bruxelles en 1967 et devenue une artiste internationalement reconnue après la publication d’un récit autobiographique Pretending is Lying (2007) racontant sa relation avec ses deux parents,  alcooliques notoires, récit qui lui vaudra à Angoulême le prix Töpffer.

L’exposition, elle, s’ouvre sur Ostende, son dernier roman graphique paru en 2021 chez FRMK, qui interroge son rapport de quinquagénaire au corps et au temps. Les salles suivantes retracent l’ensemble de son parcours artistique, des carnets y côtoyant des planches dessinées et de grands formats peints, mêlant fantasmes et plongées dans l’intime. Dans les dernières salles, partant d’annonces de sites de rencontre, Dominique Goblet et Kai Pfeiffer, les deux auteurs du Jardin des candidats, imbriquent leurs dessins, décloisonnent les disciplines et incluent dans leur scénographie installations et fresques murales.

Par ailleurs, dans une vidéo qui figure sur le site du musée, on peut entrapercevoir Dominique Goblet pleine de vie et d’énergie pétillante bloquant un tram à Bâle pour laisser passer la fanfare invitée en l’honneur de son show.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Respirer une fois sur deux avec Alain Huck

CultureArticle

Respirer une fois sur deux avec Alain Huck

C’est une des plus belles expositions en Suisse cet été, à voir jusqu’au 9 septembre au Musée cantonal des Beaux-Arts (MCBA) de Lausanne. Alain Huck propose une promenade dimensionnelle à travers les mots et la pensée. Miroir d’un état du monde terrifiant, son œuvre est néanmoins traversée de tendresse, histoire de nous rappeler que l’art peut être d’une radicale efficacité pour provoquer la réflexion et l’engagement.

Michèle Laird

L’art jubilatoire et jaculatoire d’Armand Avril

CultureArticle

L’art jubilatoire et jaculatoire d’Armand Avril

A 99 ans, l’artiste lyonnais expose ses nouvelles créations à la galerie RichterBuxtorf de Lausanne. Des chats et des chattes, et aussi des palmiers à la forme sans équivoque. Diverses techniques sont utilisées – peinture, collages, encre… – et les supports sont d’anciens sacs de farine ou des pages de magazines. Bienvenue dans le joyeux monde d’un irréductible esprit libre.

Patrick Morier-Genoud

Jean Frémon, vendeur d’art

CultureArticleLibre

Jean Frémon, vendeur d’art

«Probité de l’image», recueil de vingt-huit textes rédigés entre 1991 et 2022 pour des catalogues par le directeur de la galerie Lelong, sise rue de Téhéran à Paris, c’est-à-dire l’ancienne et fameuse galerie Maeght, nous livre un riche et précieux témoignage des rencontres infiniment variées de Jean Frémon (1946) avec les plus prestigieux des artistes actuels et leur travail.

Yves Tenret

L’enfance célébrée

CultureArticle

L’enfance célébrée

Si la Fondation Gianadda nous a habitués depuis plus de quarante ans à des expositions magnifiques, celle-ci est exceptionnelle. «Anker et l’enfance» met en scène les œuvres majeures du peintre suisse à travers un hymne aux enfants. Bel hommage à Léonard Gianadda, décédé en fin d’année dernière, qui a préservé l’enthousiasme de la jeunesse sa vie durant. Derniers jours d’une exposition qu’il faut se presser d’aller voir pour se laisser toucher par ces petites bouilles tendres et adorables.

Loris Salvatore Musumeci