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Des médias trop gentils pour être crédibles

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 10 juin 2020 · 4 min de lecture

Des médias trop gentils pour être crédibles
La télévision de service public suisse a largement relayé la parole officielle. Ici, Daniel Koch (à g.), l'ancien responsable des épidémies à l’Office fédéral de la santé publique, et Alain Berset, le ministre suisse de la santé, lors d'une conférence de presse. - © DR

Interrogée par la radio romande fin mai, l'ancienne Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey s’est montrée critique sur le comportement des médias pendant la crise du coronavirus. Notamment à l’égard du service public, à qui elle a reproché l’indigence de ses programmes (gavés de séries américaines de second ordre) et sa tendance à souffler sur la braise plutôt qu’à rassurer les populations inquiètes.

On ne saurait trop lui donner raison. On se demande bien pourquoi les médias publics payés par la redevance n’ont pas bondi sur l’occasion pour voler au secours de la culture locale brutalement mise au chômage en proposant des programmes du cru plutôt que des séries importées. Occasion ratée de manifester une solidarité concrète avec les acteurs locaux, alors qu’on brocardait à l’antenne les effets néfastes des délocalisations…

Reconnaissons toutefois que, pendant les deux ou trois premières semaines, journaux, radios et TV ont bien réagi. Surpris par la violence du choc, ils ont cherché, enquêté, multiplié les angles d’attaque et les points de vue, interrogé les experts sans préjugé, faute d’avoir un avis préétabli sur la question. Et le public, anxieux et avide de savoir, a suivi. Les audiences ont bondi, ce qui a permis à chacun de se taper sur le ventre.

Nouvelles catastrophistes et décomptes morbides

Mais toutes ces belles dispositions n’ont pas tardé à partir en vrille. On a ainsi eu droit à d’interminables semaines de nouvelles catastrophistes, de décomptes morbides, de photos d’hôpitaux submergés, de tweets paniquants, de déclarations d’experts alarmistes, qui ont tout sauf aidé le public et les autorités politiques à demeurer serein. Puis on a eu droit à la ridicule campagne contre le virus «chinois», les laboratoires de Wuhan et contre l’OMS, dans le sillage de la propagande trumpienne. La presse établie s’est mise à dégommer la Chine et exiger des comptes. (Tiens, on n’en parle presque plus depuis dix jours. Mais ce n’est que partie remise…)

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