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De la mer au Jourdain de drapeau il n’y aura qu’un!

Boas Erez

Par Boas Erez · Publié le 2 août 2024 · 12 min de lecture

De la mer au Jourdain de drapeau il n’y aura qu’un!
Mur israélo-palestinien côté Palestine, entre Jerusalem et Bethléem © JDesplats - Own work - CC BY-SA 3.0

Est-il complètement absurde d’imaginer qu’un jour il n’y aura qu’un seul Etat du Jourdain à la Méditerranée? Evidemment pas un Etat sans Palestiniens, ou sans Juifs. En tout cas, une telle issue du conflit ne semble pas moins raisonnable que la création d’un Etat palestinien à côté d’Israël, qui est la solution défendue par de nombreux pays, dont la Suisse.

Sommaire

Le 22 septembre 2023, quelques jours avant le massacre du 7 octobre, le Premier ministre israélien Netanyahou a exposé à l’Assemblée générale de l’ONU une carte du «nouveau Moyen Orient» sur laquelle les frontières de 1967 n’apparaissent pas. De fait, depuis la fin des années 1960 les cartes géographiques officielles israéliennes montrent le Jourdain comme la frontière orientale du pays. Netanyahou a confirmé sa position dans une interview publiée par 24Heures le 20 juin dernier, dans laquelle il affirme que «Israël gardera le contrôle de la sécurité du Jourdain à la mer». Si cela ne suffisait pas à indiquer les intentions de l’actuel gouvernement israélien, son approbation d’il y a quelques jours de la saisie de 1’270 hectares dans les Territoires palestiniens occupés en Cisjordanie ne devrait plus laisser aucun doute; cela faisait une trentaine d’années qu’une saisie d’une telle ampleur n’avait eu lieu. On ne peut donc pas blâmer seulement celles et ceux qui affichent la volonté de voir une Palestine libérée – sous-entendu de l’occupant israélien – s’étendant de la mer au Jourdain. Plus sérieusement, il faut se demander quelles options seront sur la table, une fois que les armes se seront tues, lorsque l’on admettra qu’il faut tenir compte à la fois des aspirations des Juifs israéliens et de celles des Palestiniens. 

Résurgence de la solution à deux Etats

A entendre les discours officiels de nombreux pays, il semblerait y avoir une étrange entente sur la marche à suivre: revenir aux plans datant de la fondation de l’Etat hébreu et établir une nation palestinienne à côté d’Israël. C’est la «solution à deux Etats». Cette solution est aussi celle préconisée par la Suisse, même si elle semble difficile, sinon impossible, à mettre en place.

En 2021, l’importante revue américaine Foreign Affairs a effectué un sondage auprès de 64 experts pour savoir s’il était encore raisonnable de soutenir la solution à deux Etats. La moitié ont répondu qu’il en valait la peine, sept sont restés neutres, et vingt-cinq pensaient qu’il fallait trouver d’autres solutions. On peut débattre de la portée d’un tel sondage, mais le simple fait que la question soit posée montre que la solution à deux Etats pose problème. Pas seulement par manque de bonne volonté des gouvernants, ou parce que le peuple palestinien a de sérieux problèmes de leadership. Plus déterminant est le fait que fin 2021, environ 880’000 Juifs vivaient déjà en Cisjordanie, dont 375’000 dans les quartiers autour de la Jérusalem arabe. Il est impensable que cette population soit déplacée pour permettre la création d’un état palestinien «pur». Rappelons-nous du déchirement causé par l’évacuation de Gaza d’un peu moins de 10’000 colons en 2005…

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