Son nouveau film, «Tenet» était attendu comme le Messie pour sauver un 7e art à la dérive. Las! Cette fois, ce cinéaste anglais a poussé le bouchon conceptuel trop loin, signant un film d'action à base d'inversions temporelles quasiment incompréhensible. Et pour finir plus lassant qu'impressionnant.
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Peut-être que le moi futur de l’auteur de ces lignes comprendra enfin ce film et le jugera soudain limpide, en avance sur son temps et peut-être même génial. Mais pour l’instant, dans le présent et à la lumière du passé, il faut bien reconnaître que la désillusion est de taille. Une revision d’Inception (toujours très fort, dix ans plus tard) nous avait pourtant bien chauffé, ainsi que le petit film promotionnel projeté en avant-programme (ode à Christopher Nolan le visionnaire, l’artiste d’une exigence supérieure, le dernier défenseur du vrai cinéma sans tripatouillage digital, etc.). Tout ça pour ça? A l’arrivée, pas de vertige, pas d’émotion, juste une impression de surcharge narrative et sensorielle, d’un système poussé trop loin qui s’effondre tel un château de cartes…
Faut-il rappeler que la Warner joue gros avec ce film, le premier «blockbuster» au budget avoisinant les 200 millions de dollars lancé dans cet après-Covid alors que des restrictions frappent encore les salles du monde entier? A priori, l’effet de manque et une curiosité décuplée par les multiples reports devraient l’emporter. Mais il faudra plus de temps qu’«avant» pour faire le plein du public, et si le bouche-à-oreille devait s’avérer négatif, gare à la casse! Pour nous, celle-ci a déjà eu lieu, artistiquement parlant: un cinéaste surfait vient d’imploser devant nos yeux, un peu comme Paolo Sorrentino (avec Youth ou Loro, selon les sensibilités) ou les frères/soeurs Wachowski (Matrix Revolutions ou Speed Racer) avant lui.
Paradoxes temporels contre principes de base
Cela commence dès la séquence d’ouverture dans une salle de concert ukrainienne, avec des enjeux de terrorisme bien flous (surtout pas de politique!) et le choix d’un protagoniste aussi indéfini que peu charismatique. Agent de qui et de quoi, auquel Nolan aura beau adjoindre bientôt le plus intéressant Robert Pattinson, John David Washington (de BlacKkKlansman) restera tout du long un vague ectoplasme incapable de capter notre désir d’identification projective. Puis arrive le désormais habituel barrage d’informations lancées à la volée dans des dialogues ultra-sérieux par des types ultra-compétents mais dont on ne saisit pas la moitié. Juste qu’il sera question d’armes «inversées» venues du futur et d’un marchand qui pourrait en faire mauvais usage, notamment en provoquant la fin du monde.




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