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Cannes 2020, un label au rabais

Norbert Creutz

Par Norbert Creutz · Publié le 8 juin 2020 · 6 min de lecture

Cannes 2020, un label au rabais

Si le Festival de Cannes n'a pas eu lieu cette année, sa direction, elle, n'a pas pu se résoudre à une pure et simple disparition médiatique. D'où l'annonce mercredi dernier d'une sélection de 56 films qui pourront sortir en salle avec le fameux logo à la palme du Festival. Un label toujours crédible ou désormais dévalué?

Sommaire

Le cinéma a été touché de plein fouet par le COVID-19, et même le plus prestigieux festival du monde en a fait les frais. Après avoir joué l’arlésienne, sa direction a décidé, «pour le bien de toute la branche», d’annoncer quand même une Sélection officielle. Une sélection virtuelle, s’entend, puisque le Festival était définitivement annulé. Mais s’agit-il vraiment de distribuer les bénédictions indispensables à la carrière commerciale des films sélectionnés, ou le plus important n’est-il pas d’occuper le terrain médiatique pour soi-même?

Car à regarder de près cette sélection de 56 films, force est de constater qu’elle n’est guère crédible. Bien sûr, on pourra toujours avoir de bonnes surprises au moment où ces films sortiront, mais des indices laissent à penser qu’au moins la moitié des titres annoncés n’auraient pas trouvé le chemin d’une «vraie» sélection. Par contre, peut-être correspondent-ils mieux aux véritables goûts des sélectionneurs, enfin débarrassés de la concurrence des sections parallèles (Quinzaine des réalisateurs, Semaine de la critique et ACID) et du «surmoi» que constitue une critique professionnelle si difficile à satisfaire.

Des indices de soldes

On connaît le premier argument de tout festival pour se faire mousser: ce ne seraient pas moins de 2067 films qui auraient été visionnés pour arriver à cet écrémage qui ne retient que le meilleur du meilleur. Mais personne ne vérifie qui, du directeur artistique, du comité de sélection ou des rabatteurs internationaux visionne véritablement tous les films. Ni si c’est en entier qu’ils sont regardés ou juste quelques minutes (qui peuvent souvent suffire à en écarter un bon nombre). Et sachant qu’en temps normal déjà les moins bons films de la Sélection officielle sont souvent médiocres, il y a de quoi se poser des questions.

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