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Bosnie-Herzégovine, l’impossible réconciliation

Corinne Bloch

Par Corinne Bloch · Publié le 14 juillet 2023 · 8 min de lecture

Bosnie-Herzégovine, l’impossible réconciliation
Tombes des victimes du massacre au mémorial de Potočari, près de Srebrenica. - © Michael Büker - CC BY-SA 3.0

Le pays commémorait ce 11 juillet les 28 ans du tristement célèbre massacre de Srebrenica sur fond de révisionnisme et de rhétorique sécessionniste. Alors que des milliers de personnes sont toujours portées disparues depuis la guerre par manque de volonté politique, rendant inenvisageable pour les familles des victimes tout rapprochement entre Serbes et Musulmans.

Sommaire

«Sans reconnaissance, pas de réconciliation; sans justice, pas de paix!» Tel est depuis près de 30 ans le message des proches des victimes de la guerre ethnique qui secoua la Bosnie de 1992 à 1995. «On attend de nous qu’on oublie le passé, mais comment y songer alors que nous n’avons même pas enterré tous nos morts», confiait, il y a quelques années déjà, Refin Hodzic, porte-parole d’une association de familles de victimes. Aujourd’hui, et bien que près de 80% des personnes disparues pendant le conflit aient été retrouvées, 7’600 corps manquent toujours à l’appel, dont plus de 1’600 dans la région de Srebrenica.

Ceci malgré les mesures imposées par la communauté internationale, à savoir: une loi, unique au monde, qui exige des institutions de communiquer tous les indices dont elles disposent et qui pourraient être utiles aux enquêteurs, un fonds qui prévoit des récompenses pour ceux qui aident à localiser des charniers, ou encore une application pour signaler l’emplacement des fosses communes encore inconnues.

Un mur de silence

Mais dans ce pays, divisé depuis la fin de la guerre en deux entités autonomes – la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine d’un côté, qui réunit Bosniaques (musulmans) et Croates, et la Republika Srpska, la République serbe de Bosnie, de l’autre (à ne pas confondre avec la Serbie qui est un Etat voisin) – la loi du silence fait foi. Car les personnes susceptibles d’apporter des informations qui permettraient de localiser de nouveaux charniers sont, de fait, souvent celles qui ont participé aux exactions. Quant aux moyens accordés par le gouvernement – quinze enquêteurs seulement pour tout le pays – ils restent insuffisants.

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