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Bienvenue en Pandémie

Marie Céhère

Par Marie Céhère · Publié le 29 janvier 2021 · 9 min de lecture

Bienvenue en Pandémie
En Pandémie, la démocratie et l'expression citoyenne gênent le déploiement des mesures sanitaires, selon la démonstration de Barbara Stiegler. - Manifestation à Genève le jour de l'ouverture de la session des chambres fédérales à Berne, le 4 mai 2020. © MHM55

Nous ne vivons pas «une» pandémie mais «en» Pandémie, avec un P capital, un nouveau continent sur lequel nous avons, de gré ou de force, tous emménagé depuis près d’un an. C’est la thèse défendue par la philosophe française Barbara Stiegler dans De la démocratie en Pandémie, paru dans la collection Tracts chez Gallimard. Tour d'horizon et perspectives.

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Ce continent, nous allons devoir apprendre à l’habiter, à en adopter les us et coutumes. Pour vous donner une idée, il ressemble beaucoup à la Chine… Le premier précepte à retenir, c’est que la démocratie est désormais un objet discutable, contrairement à la pandémie. Deuxième principe: en entrant en Pandémie, ta culture et ton mode de vie tu abandonneras. 

Un «nouvel état du monde» qui, pour Barbara Stiegler, n’a pas été imposé si brutalement que cela. Il a été préparé à bas bruit depuis des années. L’épidémie de Covid-19 a seulement fourni l’occasion de mettre en application des idéaux qui sont, grosso modo, ceux des néo-libéralistes, où le citoyen n’a plus voix au chapitre, où il se trouve entièrement sous la tutelle d’un groupe dirigeant, ou plus exactement, managérial, comme on dit en Start-Up Nation. 

Ce sont les dirigeants Chinois qui connaissent le mieux ce nouveau continent. Economiquement, politiquement et moralement, «en Pandémie, c’est la Chine qui domine». Le nouveau lexique, pavé de traçage numérique, de surveillance de masse, de restrictions et de clusters, nous vient autant de l’Etat autoritaire chinois que du Moyen Âge, dont nous avons hérité la «quarantaine». A quoi s’ajoutent la suspension, par la loi d’état d’urgence, de l’autonomie et du consentement éclairé des citoyens. De citoyens non plus, il n’est plus vraiment question. Nous tous, habitants de la Pandémie, sommes potentiellement malades, sommes des patients, qui devons nous plier aux consignes sans rechigner.

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