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Ai Weiwei, l’artiste qui en fait trop

Luc Debraine

Par Luc Debraine · Publié le 20 septembre 2017 · 3 min de lecture

Ai Weiwei, l’artiste qui en fait trop
Ai Weiwei mercredi 20 septembre à Lausanne: «J’ai 60 ans, le temps presse, j’en profite». - © Luc Debraine

Visite de l’exposition de l’artiste-activiste chinois à Lausanne, dont les jolies fleurs en porcelaine se nourrissent de subversion. Et rencontre avec ce créateur prolifique, présent partout, tout le temps, à croire qu’il n’y a pas un, mais cent Ai Weiwei.

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Quand on lui demande s’il n’en fait pas un peu trop, à occuper ainsi les musées, cinémas ou espaces publics du monde entier, Ai Weiwei répond avec un demi-sourire: «J’ai 60 ans, le temps presse, j’en profite. Il est vrai que j’ai donné 150 interviews le mois dernier et je me suis rendu dans 20 villes différentes. Cela dit, ce n’est pas une grande affaire. Juste un petit effort humain».

Après avoir présenté son documentaire sur les migrants à la Mostra de Venise ou inauguré l’autre jour une rétrospective de ses œuvres en porcelaine à Istanbul, Ai Weiwei était aujourd’hui à Lausanne. Le plus célèbre artiste chinois, et critique du régime de Pékin, présente au Musée des beaux-arts une ample sélection de son travail. Un rendu pour un service: le directeur du musée vaudois, Bernard Fibicher, avait organisé en 2004 à la Kunsthalle de Berne la première exposition personnelle d’Ai Weiwei en Europe. «Je suis presque un produit suisse», plaisantait l’artiste mercredi, aujourd’hui expatrié à Berlin après avoir connu les pires vicissitudes dans son pays (censure, surveillance, retrait de passeport, brimade, tabassage, prison).

Combat absent

Depuis qu’il vit, travaille et enseigne en Allemagne, Ai Weiwei a pris la cause des migrants. Il multiplie les interventions, œuvres et désormais film de 2h20 («Human flow») pour dénoncer l’exil tragique des malheureux qui tentent à tout prix de rallier l’Europe. Or à part une ou deux pièces, dont une récente bande-dessinée sur porcelaine, ce combat est absent de la rétrospective lausannoise. Pas de radeaux accrochés à la façade de Rumine (comme à Florence) ou de milliers de gilets de sauvetage encastrés dans des fenêtres (Copenhague). Du coup, c’est l’exposition elle-même qui se dégonfle un rien, perdant en urgence ce qu’elle gagne en recul historique. Et esthétique consensuelle.

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