Dunkirk: une guerre qui se contemple


Parvenir à mêler action et élégance tout en dressant un tableau de l'horreur humaine est une affaire complexe. Et pourtant, là se trouve la prouesse de Christopher Nolan. L'engouement du public pour «Dunkirk» est compréhensible, grâce au grain si particulier de la pellicule 70mm en plus, l'image palpite, vibre, vit.
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Dans Dunkirk, l’effroi de la guerre se ressent moins à travers les corps en charpie – on est très loin du Soldat Ryan de Spielberg – que dans la tension des soldats pris en étau par l’armée allemande. Les Français retiennent l’ennemi pendant que les Anglais embarquent sur quelques bateaux prêts à se faire pilonner par les nazis. Il faut se sauver, mais l’attente des renforts est longue et les morts toujours plus nombreux. Il s’agit de l’opération Dynamo, qui débuta le 26 mai 1940.
Le miracle de Duinkerk
Duin et Kerk en flamand, signifie «Église des Dunes»; et si Dunkerque est cette église à ciel ouvert, la plage est sa chapelle et le môle son autel. Il s’agit du dernier retranchement sain(t) où il est question de survivre en dépit de la masse. Car on le sait et on se tait: il n’y aura vraisemblablement pas assez de bateaux pour tous. Cependant, trois combats sont en cours – sur terre, en mer et dans le ciel – pour permettre une évacuation… miraculeuse.
L’image prend des allures célestes: vol d’avion sur soleil couchant, mer turquoise par instant… Un traitement talentueux de la lumière que l’on doit à Hoyte Van Hoytema (Her, Interstellar, Spectre), chef opérateur.



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