Les parents chinois demandent toujours plus à leurs gosses

Jonas Follonier

Par Jonas Follonier · Publié le 14 décembre 2019 · 2 min de lecture

Les parents chinois demandent toujours plus à leurs gosses
Un élève visiblement épuisé s'endort en classe, à Pékin. - © Jing Yang via Flickr - CC

Dans le dernier classement PISA, on apprend que la Chine – ou du moins ses régions les plus riches – apparaît championne pour le niveau de ses élèves de 15 ans. Selon un éditorial du Monde publié le 4 décembre dernier, il y a de quoi s’inquiéter pour les jeunes de ce pays, tant cette course à la mémorisation se fait au frais des moins doués.

Cela fait partie des choses à consommer avec modération: les éditoriaux du Monde. Et comme pour le vin, il faut en choisir de qualité. En voici un particulièrement réussi: celui du 4 décembre dernier sur les jeunes élèves de Chine, plus précisément de Pékin et de Shanghaï ainsi que des provinces du Jiangsu et du Zhejiang, qui s’avèrent plus brillants que dans le reste du monde selon le récent classement «Programme international pour le suivi des acquis des élèves» (PISA) de l’OCDE.

Les critères de connaissance? Les mathématiques, les sciences et la compréhension de l’écrit. L’âge? 15 ans. Ces résultats montrent que l’éducation compte parmi les élans que se donnent les pays en voie de développement pour dominer la scène internationale. Naturellement, la Chine le fait le long de ses côtes; dans ses campagnes, le niveau est nettement plus bas et on constate une pénurie de professeurs, comme le rappelle Le Monde.

Aussi, le quotidien a le mérite de montrer que ces données tiennent à une pression exercée par les familles sur leurs enfants dès leur plus jeune âge et à l’obsession du gaokao, le concours d’entrée à l’université. Ce qui semble en être le corolaire est terrible: les tendances suicidaires progressent et les décrochages scolaires se multiplient. «Il y a un an, une trentaine de mesures pour inciter à réduire la charge de travail des enfants ont été annoncées. Mais elles se heurtent à la résistance des parents, qui demandent toujours plus à leur progéniture», conclut Le Monde.

En plus de nous inquiéter sur le sort des moins doués dans l’Empire du milieu, cette affaire peut nous faire nous interroger sur notre propre modèle éducatif. Il semblerait que la mémoire, la récapitulation, le «par cœur» comme on le disait antan sans ironie, soit la méthode appliquée dans ce pays d’Asie. Aussi, les mathématiques, les sciences et la compréhension de l’écrit tiennent une place plus grande dans le système éducatif chinois que dans n’importe quel autre pays. De quoi nous faire réfléchir en Europe dans le contexte d’une compétition mondiale de plus en plus marquée par l’importance de la formation.


L’article original est à lire ici. 

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