Joséphine aux oubliettes

Marie Céhère

Par Marie Céhère · Publié le 23 juillet 2021 · 1 min de lecture

Joséphine aux oubliettes

«Josephine Butler (1828-1906). Récit d’une croisade féministe», Frédéric Regard, Editions de Paris-Max Chaleil, 158 pages.

Joséphine Butler est aujourd’hui éclipsée par sa quasi-homonyme, la philosophe et théoricienne du genre Judith Butler. Pourtant, Joséphine en son temps mena elle aussi un combat d’avant-garde, une «croisade»: pour la cause, les droits, la dignité des prostituées de Londres. Dans ce court essai biographique très accessible, Frédéric Regard revient sur l’existence aventureuse d’une femme qui voua sa vie à la défense des plus faibles. Les lois de 1864 sur les maladies vénériennes, dites «scélérates», Joséphine Butler en obtient l’abrogation en 1895, non sans l’aide opportune du controversé journaliste W. T. Stead. L’occasion pour le lecteur contemporain d’une réflexion plus large sur les législations sanitaires, puisque Butler se dresse en particulier contre les contrôles génitaux et les soins imposés aux prostituées, sous peine de prison. Elle s’engage contre la prostitution infantile, fait remonter l’âge de la majorité sexuelle de 13 à 16 ans, puis internationalise son combat, en fondant à Genève la Fédération Abolitionniste Mondiale en 1875.

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