Le père meurtri face au Père violeur

Loris Salvatore Musumeci

Par Loris Salvatore Musumeci · Publié le 11 juin 2021 · 1 min de lecture

Le père meurtri face au Père violeur

«Mon Père», Grégoire Delacourt, Editions JC Lattès, 256 pages, 2019. En format de poche chez Le Livre de Poche, 216 pages, 2020.

Benjamin a été abusé par le prêtre de la colonie de vacances. Quand son père l’apprend, il devient fou. Il se rend à l’église, casse tout. Il veut voir le prêtre. Le massacrer. Le tuer. Il va lui faire payer. Pourquoi son fils? Comment en arriver à violer l’innocence d’un enfant de dix ans? C’est insupportable. Et puis, il se retrouve face au prêtre. Il perd ses moyens. L’attitude du prêtre est surprenante. La construction du roman se tisse tout en suspense. Le cœur du père meurtri bat à travers les pages du livre. Le lecteur subit aussi des palpitations. Il voudrait jeter le livre. S’en débarrasser pour éloigner de ses yeux les horreurs qui y sont racontées. Mais c’est impossible. L’épreuve est dure, elle doit pourtant être affrontée dans un duel de lecture. L’auteur, Grégoire Delacourt, sait s’y faire, c’est certain. On veut savoir, on veut comprendre. Et en même temps on ne veut pas savoir, pas comprendre. Comment comprendre que les mêmes doigts qui donnent à l’enfant le Corps du Christ à la messe le jour, le masturbent et l’attouchent le soir ? L’auteur donne des détails, même trop. C’est embarrassant, c’est dur. Pourtant nécessaire, profond, nuancé, salutaire.

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Le créateur romand qui brille en Allemagne

CultureArticle

Le créateur romand qui brille en Allemagne

Julien Chavaz, 44 ans, qui a étudié le théâtre à Lausanne et Genève, traîné ses guêtres sur plusieurs scènes européennes, est couvert de prix pour ses multiples activités créatrices. Il est aujourd’hui superintendant du Théâtre-Opéra de Magdeburg, en Sachsen-Anhalt. Au cœur de la bataille politico-culturelle qui s’annonce.

Jacques Pilet

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

CultureArticle

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

Pour contrer les Soviétiques durant la guerre froide, les Etats-Unis menèrent une véritable offensive culturelle qui se poursuit de nos jours. Elle se déploya tous azimuts afin d’ancrer dans les mentalités européennes la supériorité de l’Amérique. Il existe un livre de référence à ce sujet, publié en 1999: «Qui menait la danse? La CIA et la guerre froide culturelle». Son autrice, la Britannique Frances Stonor Saunders, est décédée le 31 août à l’âge de 60 ans. L’occasion d’un hommage.

Martin Bernard