Quand l’art avait des ailes et les brûlait

Patrick Morier-Genoud

Par Patrick Morier-Genoud · Publié le 23 avril 2021 · 1 min de lecture

Quand l’art avait des ailes et les brûlait

«L’ange Dada», Fernando Gonzáles Viñas et José Lázaro, Editions Cambourakis, 232 pages

Les artistes occidentaux n’ont pas toujours été subventionnés. L’art n’est pas toujours domestiqué. Emmy Hennings est née le 17 janvier 1885 à Flensbourg, à la frontière entre l’Allemagne et le Danemark. Elle a 16 ans lorsque son père décède et qu’elle décide de devenir une artiste. Elle le sera toute sa vie – elle meurt en 1948 en Suisse, au Tessin. Saltimbanque de villages en villages, danseuse de cabaret, chanteuse, poétesse, écrivaine… Une artiste d’avant-garde à une époque où cela avait encore un sens. Pour survivre, parfois elle se prostitue; pour soigner son mal à l’âme, elle prend de la morphine; elle fera de la prison. Avec l’écrivain Hugo Ball, son futur mari, elle fonde en 1916 le cabaret Voltaire, à Zürich, où naît le scandaleux mouvement Dada. Elle et ses amis sont des artistes subversifs – certains finiront en camp de concentration, ennemis des conventions bourgeoises, épris de liberté. L’ange dada, heurs et malheurs d’Emmy Hennings raconte un bout de l’histoire de l’art européenne du début du XXe siècle et fait le portrait d’une femme dans un monde d’hommes. C’est plutôt triste, mais qui a dit que l’art devait être joyeux?      

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Le créateur romand qui brille en Allemagne

CultureArticle

Le créateur romand qui brille en Allemagne

Julien Chavaz, 44 ans, qui a étudié le théâtre à Lausanne et Genève, traîné ses guêtres sur plusieurs scènes européennes, est couvert de prix pour ses multiples activités créatrices. Il est aujourd’hui superintendant du Théâtre-Opéra de Magdeburg, en Sachsen-Anhalt. Au cœur de la bataille politico-culturelle qui s’annonce.

Jacques Pilet

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

CultureArticle

Qui mène la danse? La CIA, inévitablement!

Pour contrer les Soviétiques durant la guerre froide, les Etats-Unis menèrent une véritable offensive culturelle qui se poursuit de nos jours. Elle se déploya tous azimuts afin d’ancrer dans les mentalités européennes la supériorité de l’Amérique. Il existe un livre de référence à ce sujet, publié en 1999: «Qui menait la danse? La CIA et la guerre froide culturelle». Son autrice, la Britannique Frances Stonor Saunders, est décédée le 31 août à l’âge de 60 ans. L’occasion d’un hommage.

Martin Bernard