Les partisans des Démocrates à Genève se sont aussitôt réjouis de la victoire de Joe Biden. Le multilatéralisme, si malmené par Donald Trump, allait revivre et la Genève internationale n’aurait qu’à s’en féliciter. Tant de candide espérance reste à prouver.
Sur la forme, il est certain que le ton va changer. Avec le centriste prudent qu’est Joe Biden, finis les tweets rageurs, les vulgarités de langage et la brutalité des décisions. La politique étrangère américaine va retrouver le ton lisse et policé qu’elle avait eu à l’ère Obama, tout en sourires et en beaux discours qui plaisaient tant aux diplomates européens, habitués aux échanges feutrés entre gens de bonne compagnie.
Mais sur le fond, il y a peu de chance que les relations internationales s’apaisent beaucoup et que les Etats-Unis se coulent dans le moule du multilatéralisme tel que les Européens l’imaginent. La raison en est simple: il y a déjà longtemps, soit depuis les années 1990, qu’ils ont pris goût à ce qu’on a appelait à l’époque l’unilatéralisme, et que, sous l’influence du mouvement néo-conservateur, ils privilégient leur sécurité et leurs intérêts nationaux avant la solidarité planétaire. La croisade pour la démocratie et les droits de l’Homme, commencée en janvier 1918 avec les 14 Points du président Wilson, a pris fin sous l’ère Bill Clinton, à la fin du siècle dernier.






Commentaires
Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.