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Etats-Unis: la nouvelle peur rouge

Marie Céhère

Par Marie Céhère · Publié le 13 janvier 2020 · 6 min de lecture

Etats-Unis: la nouvelle peur rouge
Le nombre d'étudiants chinois aux Etats-Unis a augmenté de 276% en 10 ans, et soulève les craintes des deux gouvernements. - © Yale China Program

Les étudiants chinois aux Etats-Unis suscitent la méfiance grandissante du gouvernement américain comme celle de leur pays d’origine. En cause, des affaires d’espionnage scientifique d’un côté, la crainte d’une «contamination démocratique» de l’autre. Une enquête repérée dans The Economist.

Sommaire

Un tiers des étudiants étrangers sur les campus américains sont des Chinois, soit environ 6 millions – leur nombre a augmenté de 276% au cours des 10 dernières années. La propre fille du Président chinois Xi Jinping étudie le droit à Harvard. La situation parait n’avoir que des avantages: les universités américaines offrent les meilleures formations et perspectives de carrière, et leurs caisses se remplissent. Mais dans les faits, tant le gouvernement fédéral des Etats-Unis que le tout-puissant Parti communiste chinois sont de plus en plus préoccupés par ces échanges scientifiques et culturels, en particulier depuis que les relations commerciales et diplomatiques entre les Etats-Unis et la Chine continentale se sont tendues. 

Naïveté et espionnage

Les autorités américaines tiennent officiellement les étudiants et les chercheurs chinois pour responsables de quantité de vols de propriété intellectuelle. Ordre a été donné aux universités de contrôler de près les liens scientifiques entre les deux pays, par le biais des partenariats de recherche et des attributions de crédits. Au moins 180 scientifiques chinois sont dans le collimateur du NIH (Instituts Américains de la Santé). En décembre dernier, parmi une pléthore de faits similaires, la police a intercepté à l’aéroport de Boston un doctorant chinois spécialiste de la recherche sur le cancer, soupçonné de fuir vers la Chine avec du matériel et des documents dérobés dans un laboratoire de Harvard. 

Les plus hautes instances s’en mêlent. Le directeur du FBI, Christopher Wray, a alerté le Sénat américain en 2018 sur la «menace pour la société entière» que constituait la Chine pour la sécurité intérieure, et a demandé une «réaction de toute la société». 

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