La recherche de Knausgaard n’est pas du temps perdu


Taxé plus ou moins abusivement de «Proust norvégien», Karl Ove Knausgaard a séduit des centaines de milliers de lecteurs avec son autobiographie en six volumes où il a choisi de dire tout ce qu’on évite d’avouer à l’ordinaire, avec une honnêteté hypersensible rare et un charme rugueux sans pareil. Dans «Aux confins du monde», on le retrouve entre 16 et 18 ans, bien et mal dans sa peau comme nous tous…
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Vous n’en avez peut-être rien à souder, mais moi ça me parle, et je ne suis pas seul. Si ça ne vous intéresse pas de savoir ce que ressent un jeune Norvégien qui se réveille avec un slip poisseux de sperme et n’en trouve pas de rechange vu que sa mère récemment divorcée les a tous balancés à la lessive la veille – si vous n’êtes pas un peu gêné avec lui, je pourrais vous dire de passer votre chemin…
Vous pensez qu’il y a des choses qu’un écrivain ne doit pas dire? Vous pensez que le respect humain impose la protection de ses proches?
Vous trouvez nul le fait de parler de soi comme ça, de dégommer son père après sa mort au prétexte qu’il a été trop dur, de raconter comment on a trompé son ex pendant le temps d’un premier mariage raté, de parler de sa deuxième femme et de ses enfants sans flouter leurs prénoms, bref de déballer tout le magma de sa vie qui ne regarde personne – vous trouvez ça au-dessous de tout, juste digne d’une époque en mal d’indiscrétion et de scandale?




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